Gros succès d’estime, beau succès commercial, Uncharted Drake’s Fortune est un jeu assez répandu et facilement trouvable quelque soit la version que vous convoitiez... Mais "assez répandu" ne signifiant pas "bradé", il sera nécessaire de compter une bonne quarantaine d’Euros pour une version américaine neuve et pas moins de 50 Euros pour une copie japonaise scellée ! En Europe, grâce à la gamme Platinum, il est désormais possible d’en acquérir un exemplaire pour 25 Euros, voire beaucoup moins en cherchant bien sur le Net ! L’édition européenne originale, elle, pourra encore titiller les 30 Euros, au moins !
Sur sa combinaison de plongée, Drake arbore la tête de Daxter, autre personnage emblématique du studio NAUGHTY DOG. La marque de ladite combinaison, OTTSEL, est également une allusion à l’univers de Jak & Daxter puisqu’il s’agit du nom donné à l’espèce de Daxter : le croisement d’une loutre (otter) et d’une belette (weasel) donne une "ottsel" (une "loulette" quoi !). Sur le dos de Nate, gravées dans le cuir de son holster, deux lettres : ND... pour Nathan Drake ou NAUGHTY DOG, allez savoir ! Pour leur permier jeu HD, les studios INSOMNIAC et NAUGHTY DOG depuis toujours très liés, choisiront Nathan comme prénom pour leur héros : Nathan HALE dans Resistance : Fall Of Man et Nathan DRAKE dans Uncharted Drake’s Fortune. Quelque soit la version du jeu, sur console japonaise, Uncharted est censuré puisque le sang à purement et simplement été supprimé ! La "Strange Relic" n’est autre qu’un Orbe Precursor issu de la série Jak & Daxter. Bien que certains pirates parlent indonésien, le jeu n’offre aucune traduction (sous-titres). De plus, Drake s’adresse à eux (toujours en indonésien...) dans un langage trop châtié, à la limite du littéraire. Durant une cut-scene, Drake retire son collier (qui d’ailleurs, tout au long de l’aventure, ne subit jamais les lois de la gravité). Cependant, lors d’une autre cut-scene, un peu plus tard durant le Chapitre 19, le collier réapparaît mystérieusement ! Le développement du jeu à débuté en 2004, juste après la sortie de Jak 3 sur PlayStation2. BRADY GAMES, dans sa collection "Signature Series Guide" a édité un guide-book du jeu : Uncharted Drake’s Fortune.
Nathan Drake, descendant auto-proclamé du célèbre navigateur britannique Sir Francis Drake, est ce qu’on peut appeler un chasseur de trésors des temps modernes. La belle Elena Fischer, journaliste de son état, l’accompagne dans cette aventure pour les besoins de son émission télé. Alors qu’ils sont persuadés d’avoir mis la main sur le cercueil de l’explorateur anglais, nos deux compères ne découvrent ni dépouille séculaire ni momie vengeresse... Il découvrent un anodin calepin, sorte de journal de bord du défunt navigateur qui indiquerait vraisemblablement la route vers El Dorado... Arrive alors ce bon vieux Victor "Sully" Sullivan, ami de longue date de Nathan qui les sort tous deux d’un mauvais pas puisque, c’était entendu, les pirates philippins s’en mêlent tout comme un groupe de mercenaires commandé par Eddy Raja, "rival" notoire de Nathan mais également un certain Gabriel Roman qui semble prêt à tout pour retrouver ce trésor perdu depuis 400 ans...
Chers amateurs de bons jeux, La vocation originelle de Legendary Games est essentiellement le plaisir de (re)découvrir le monde du rétrogaming. Malgré tout, étant de "vieux" joueurs issus de la fin des seventies, nous ne pratiquons pas que du "vieux" jeu à base de briques à casser ou autres oldies poussiéreuses. Vivant dans le présent, nos vieux os ne nous empêchent pas de tâter de la manette vibrante gyroscopique qui d’après mon boulanger pourrait être néfaste pour nos arthroses naissantes de trentenaires. Oui, mon boulanger, en plus de s’y connaitre en viennoiserie, est aussi expert en effet post-traumatique provenant d’un mouvement vibratoire, Dr. House Powa ? Trêve de fariboles. Aujourd’hui l’heure est venue de tirer l’épais voile de laine disgracieux et grossier qu’une certaine presse (française) s’est efforcée de tisser sur l’un des jeux qui aurait dû marquer le sol vidéo-ludique d’une pierre blanche (qui n’est pas le frère de Francis... oui c’est nul muah muah...) courant décembre 2007. Uncharted Drake’s Fortune, retenez bien ce titre relatant les péripéties "aventuresques" d’un attachant chercheur de trésor. Legendary Games se doit aujourd’hui de revêtir sont plus beau costume de sauveur de hits cousu de fils d’argent. UN TITRE PREMONITOIRE "Uncharted", dans un anglais approximatif, cela veut dire inexploré, non répertorié... Spéciale dédicace à Mme Pasquier, ma prof d’anglais du collège de Broumt ! Cette traduction évoque quelques tests douteux que nous avons pu lire à propos du jeu. Certains ne sont pas en accord avec l’aventure intense, en terme de rythme et de longueur, que peut nous offrir le soft. Un arrière-goût de traitement superficiel saupoudré de mauvaise foi de la part de certains rédacteurs de notre presse nationale persiste dans nos bouches. Etrangement, toutes les personnes de mon entourage ayant vu ou joué à Uncharted sont restées bouche bée à maintes reprises devant le spectacle divertissant que peut nous suggérer ce jeu. Certes, Uncharted n’a pas été coulé aussi profondément par la presse spécialisée que le Titanic par son iceberg. Mais tout de même, son accueil devait être comme une fête : en fanfare, avec feux d’artifice et patrouille de France dans le ciel pour inciter le joueur à se jeter très justement et massivement dessus. Au lieu de ça, on a parfois le droit à un couplet classique de jeu moyen pas très innovant dont la durée de vie se consommerait aussi rapidement qu’une bonne petite mignardise. Et bien il est temps de rajouter un peu de levure à tout ça puisque la durée de vie proposée entre parfaitement dans tous les standards du genre, pour peu qu’on prenne le temps de savourer l’univers offert et de partir à la recherche des différents objets cachés dans le jeu. OBJECTIVEMENT BEAU Concernant les graphismes, c’est avec la conviction et l’intransigeance papale que nous pouvons canoniser Drake’s Fortune, dès la fin de l’An de Grâce 2007. Saint Drake hume bon cette douce fragrance raffinée que l’on se doit d’attendre d’une exclusivité PlayStation3, et non pas l’odeur de foutre et de pet froid d’un jeu sans âme ayant vendu son corps plein de bugs à toutes les plates-formes du marché... Petite référence à un jeu commencant par Assassin’s et se terminant par Creed injustement encensé lors de sa sortie à la même période que Sa Sainteté Drake. En lisant ici et là des remarques du genre "effets foireux et textures approximatives", il est vraiment difficilement concevable que nous puissions parler du même jeu. Il est réputé que la beauté soit subjective, mais tout de même, lire de tels propos me semble avoir la même objectivité que celle d’un ivrogne terminant son tonnelet de rhum en beuglant qu’il peut prendre la route en toute sécurité alors qu’il a du vomi encore tout chaud sur ses sandales. C’est à se demander si certains ne testent pas les jeux sur des écrans de drive-in avec une loupe à la main, le tout sous l’emprise de champignons psychotropes. Sincèrement je me souviendrai pendant très longtemps de l’impression d’immersion que le niveau de la jungle m’a procuré. Ce n’est pas simplement beau, c’est tout bonnement époustouflant : les textures de la végétation sont fines à souhait, l’eau est d’un réalisme rarement atteint, ça bouge de partout. Quand on pense que NAUGHTY DOG a développé son propre moteur de jeu sans passer par les incontournables HAVOC ou UNREAL ENGINE, je crois que ça ne peut que forcer le respect. De plus, et ce n’est pas une broutille, Drake’s Fortune ne nécessite pas d’une gourmande installation sur le disque dur puisque le chargement des niveaux se fait de manière discrète en utilisant le streaming, technique qui consiste à charger au fur et à mesure les éléments dont le jeu a besoin. Vraiment, vraiment... en plus d’être magnifique, avec une très bonne gestion de la lumière, le jeu est optimisé. Et puis je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai pris un malin plaisir à m’arrêter plusieurs fois dans le jeu simplement pour faire des poses "cartes postales". Genre Nate dos à un soleil se couchant dans l’océan et bien d’autres encore. Le travail de finition sur le personnage principal est ahurissant, quand il batifole sous une cascade ou nage un peu dans l’eau, et bien le monsieur il est tout mouillé quand il sort. Face à certains dangers, l’expression faciale du héros se met à changer. Sinon rien ne vaut quelques combats au corps à corps pour apprécier également la modélisation remarquable des ennemis. PRISE EN MAIN PARFAITE L’introduction fait office de tutorial concernant l’aspect "action" du jeu. Elle se déroule sur un bateau. Les vagues successives d’ennemis permettent de mettre en pratique rapidement et dans un espace réduit le système de tir, de couverture ainsi que le combat au corps à corps. Rien à redire toutes les commandes répondent au doigt et à l’œil. On subodore rapidement le plaisir de jeu qui nous attend par la suite en déglinguant du pirate à coup de bastos ou bien en distribuant de grosses mandales dans leur tronche tannée par le soleil, la dite mandale s’effectuant avec le ralenti qui va bien pour satisfaire à notre honteuse envie, bassement violente et pervertie par le démon du jeu qui sommeille en nous. Infâmes gamers frustrés que nous sommes, nous allons tous finir dans un collège à reproduire ces actes belliqueux inextinguibles qu’avec la collection d’armes de papa. N’ayez crainte Mme Pasquier... je plaisante ! Alors j’entends déjà les mauvaises langues aigries du dernier rang dire qu’il n’y a rien de neuf dans ce système, et bien oui... et alors ! Il est magnifiquement mis en œuvre dans un contexte sublime. Pas la peine de chercher de nouveaux concepts en permanence. Il est quand même largement préférable de jouer avec un système abouti qu’avec une tripotée de nouveautés mal intégrées ou trop accessoires. Il est à noter tout de même que la nouvelle et "accessoire" fonction gyroscopique de la SixAxis est intelligemment utilisée pour l’angle de lancer des grenades. En ce qui concerne les armes, on reste dans le domaine du classique et du réaliste. Deux armes transportables à la fois en plus de la bonne vieille grenade : elles sont de type mitraillette, revolver, fusil à pompe... Ici point d’arsenal fantaisiste bien velu de type "rayon de la mort venu de l’outer space". Que les vicelards et adeptes du tir à distance (moi, moi !) soient rassurés, le jeu leur proposera quelques séquences de sniping pour satisfaire nos pulsions d’assassin invincible. L’intelligence artificielle, quant à elle, fait partie des bons élèves. Les ennemis ne sont certes pas des experts en stratégies militaires, mais leur comportement général est très appréciable. A savoir qu’ils ne foncent pas tête baissée, savent se mettre à couvert, se déploient et se déplacent de manière différente, ce qui rend passionnant et non répétitif les nombreux gunfights que propose le jeu. Le niveau suivant débute dans une magnifique jungle luxuriante et permet dans un premier temps de se familiariser avec le déplacement de Nathan Drake. Puis dans un second temps d’aborder la partie plate-forme du jeu. Alors là, en plus d’être superbes avec une animation du héros à couper le souffle aux ouragans Katrina, Mitch et consorts réunis, les séquences plate-forme s’avèrent être un régal grâce à une caméra habilement utilisée. Il est vrai qu’elles ne sont pas vraiment difficiles car il n’est pas nécessaire de sauter depuis le bout du poil de fesse du dernier pixel de chaque caillou puisque Nathan a tendance à récupérer facilement un hypothétique saut commencé trop tôt. Par la suite, Nathan aura la possibilité de "gunfighter" à bord d’une jeep où le joueur devra simplement se concentrer à mitrailler ses assaillants. Puis des séquences de jet ski où le joueur devra, entre autre, piloter et tirer en même temps. Rien d’exceptionnel dans ces séquences qui restent tout de même très agréables car extrêmement bien mises en scène. Globalement, on ne peut que se délecter du savant cocktail d’action et de plate-forme qui nous est offert... contre la modique somme de beaucoup d’Euros tout de même me soufflent les plus radins d’entre vous. (NdH.S. : ce qui n’est plus vrai aujourd’hui puisque la gamme Platinum met désormais le soft à la portée des bourses les moins garnies !) COMME AU CINEMA En plus d’être une expérience de jeu formidable pour le joueur, il faut dire qu’il est également très agréable à regarder en tant que spectateur. Drake’s Fortune est construit comme un film, de nombreuses cut-scenes très cinématographiques venant ponctuer les phases de jeu. Le tout accompagné par des musiques exceptionnelles formidablement orchestrées, dignes des plus grands blockbusters américains. D’ailleurs il faut le prendre comme tel : son scénario, léger pour certain, est du même niveau qu’un bon film d’aventure avec son lot de rebondissements. Ce que j’apprécie vraiment dans le travail de NAUGHTY DOG, c’est la façon dont ils ont réussi à captiver comme par enchantement l’attention de tout joueur qui a inséré Uncharted dans sa PS3. En général quand on appuie sur le bouton "Eject" pour la première fois, c’est quand on a terminé le jeu... ou bien qu’un Blu-Ray doit être visionné ! En tout cas, pour ma part, j’attends impatiemment la suite des aventures de Nathan Drake. Le futur simple n’est pas le temps de l’indicatif le plus utilisé en matière de rétrogaming, mais n’ayons pas peur de l’employer en vous indiquant que "Uncharted 2 : Among Thieves" sortira à la fin de cette année, que les quelques vidéos circulant déjà sur la toile annoncent du très hard-heavy-lourd et, enfin, que les possesseurs de PlayStation3 ne doivent pas ignorer de le savoir... et vice et versa !