UNCHARTED DRAKE’S FORTUNE
"ONE ORDINARY MAN... ONE EXTRAORDINARY ADVENTURE."
DATABASE
TITRE ORIGINAL UNCHARTED DRAKE'S FORTUNE
ALIAS UNCHARTED EL DORADO NO HIHOU (JAP)
GENRE: ACTION
DEVELOPPEUR: NAUGHTY DOG
MACHINE: PLAYSTATION 3
ANNEE: 2007
JOUEUR(S): 1
DIFFICULTE: 4 NIVEAUX DE DIFFICULTE
SAUVEGARDE: HARD DRIVE
MEDIA: BLU-RAY DISC
REFERENCE: BCJS-30015 (JAP)
BCUS-98103 (USA)
BCES-00065 (EUR)
BCES-00065/P (Platinum)
DATE DE SORTIE: 06/12/2007 (JAP)
16/11/2007 (USA)
07/12/2007 (EUR)
01/08/2008 (Platinum)
PRIX A SA SORTIE: 5 980 ¥ (JAP)
59.99 $ (USA)
59.99 € / 44.99 £ (EUR)
24.99 € (Platinum)

COTE

Gros succès d’estime, beau succès commercial, Uncharted Drake’s Fortune est un jeu assez répandu et facilement trouvable quelque soit la version que vous convoitiez... Mais "assez répandu" ne signifiant pas "bradé", il sera nécessaire de compter une bonne quarantaine d’Euros pour une version américaine neuve et pas moins de 50 Euros pour une copie japonaise scellée ! En Europe, grâce à la gamme Platinum, il est désormais possible d’en acquérir un exemplaire pour 25 Euros, voire beaucoup moins en cherchant bien sur le Net ! L’édition européenne originale, elle, pourra encore titiller les 30 Euros, au moins !


BON A SAVOIR

Sur sa combinaison de plongée, Drake arbore la tête de Daxter, autre personnage emblématique du studio NAUGHTY DOG. La marque de ladite combinaison, OTTSEL, est également une allusion à l’univers de Jak & Daxter puisqu’il s’agit du nom donné à l’espèce de Daxter : le croisement d’une loutre (otter) et d’une belette (weasel) donne une "ottsel" (une "loulette" quoi !).
Sur le dos de Nate, gravées dans le cuir de son holster, deux lettres : ND... pour Nathan Drake ou NAUGHTY DOG, allez savoir !
Pour leur permier jeu HD, les studios INSOMNIAC et NAUGHTY DOG depuis toujours très liés, choisiront Nathan comme prénom pour leur héros : Nathan HALE dans Resistance : Fall Of Man et Nathan DRAKE dans Uncharted Drake’s Fortune.
Quelque soit la version du jeu, sur console japonaise, Uncharted est censuré puisque le sang à purement et simplement été supprimé !
La "Strange Relic" n’est autre qu’un Orbe Precursor issu de la série Jak & Daxter.
Bien que certains pirates parlent indonésien, le jeu n’offre aucune traduction (sous-titres). De plus, Drake s’adresse à eux (toujours en indonésien...) dans un langage trop châtié, à la limite du littéraire.
Durant une cut-scene, Drake retire son collier (qui d’ailleurs, tout au long de l’aventure, ne subit jamais les lois de la gravité). Cependant, lors d’une autre cut-scene, un peu plus tard durant le Chapitre 19, le collier réapparaît mystérieusement !
Le développement du jeu à débuté en 2004, juste après la sortie de Jak 3 sur PlayStation2.
BRADY GAMES, dans sa collection "Signature Series Guide" a édité un guide-book du jeu : Uncharted Drake’s Fortune.


TEST

SYNOPSIS

Nathan Drake, descendant auto-proclamé du célèbre navigateur britannique Sir Francis Drake, est ce qu’on peut appeler un chasseur de trésors des temps modernes. La belle Elena Fischer, journaliste de son état, l’accompagne dans cette aventure pour les besoins de son émission télé. Alors qu’ils sont persuadés d’avoir mis la main sur le cercueil de l’explorateur anglais, nos deux compères ne découvrent ni dépouille séculaire ni momie vengeresse... Il découvrent un anodin calepin, sorte de journal de bord du défunt navigateur qui indiquerait vraisemblablement la route vers El Dorado... Arrive alors ce bon vieux Victor "Sully" Sullivan, ami de longue date de Nathan qui les sort tous deux d’un mauvais pas puisque, c’était entendu, les pirates philippins s’en mêlent tout comme un groupe de mercenaires commandé par Eddy Raja, "rival" notoire de Nathan mais également un certain Gabriel Roman qui semble prêt à tout pour retrouver ce trésor perdu depuis 400 ans...


PRESENTATION
5
Pour faire court et directement aller à l’essentiel, disons que Uncharted a vraiment tout du film dont vous êtes le héros. Les innombrables cut-scenes, qui utilisent d’ailleurs le moteur (très performant) du jeu interviennent régulièrement et font avancer l’intrigue avec suffisamment de retenue pour garder le joueur en haleine de bout en bout.
L’idée du calepin qu’on feuillette afin de découvrir quelques indices salvateurs est vraiment bien trouvée même si son utilisation est encore un peu trop frileuse.
Au niveau du packaging, que du bon, comme toujours ! Ma préférence va cette fois à la jaquette américaine qui a tout d’une affiche de cinéma : notez que le crâne au premier plan sera supprimé sur la jaquette nippone !
Pour les collectionneurs invétérés, sachez qu’il est possible de trouver (très difficilement, j’en conviens) un kit de presse tout bonnement somptueux, à la limite du collector et contenant moult goodies !

GRAPHISMES
5
Les gars de NAUGHTY DOG ont toujours été connus pour offrir au support sur lequel ils programmaient un moteur 3D très performant et surtout, en bon artisan du jeu vidéo qu’ils sont, fait maison ! On se souvient encore de l’incroyable moteur de Jack & Daxter (d’ailleurs utilisé sur tous les épisodes de la série, mais aussi ceux de Ratchet & Clank et des 3 opus de Sly Cooper...). Fidèles à eux-même, ils débarquent sur PlayStation3 avec un moteur du même acabit et dont on a, j’en suis sûr, pas fini d’entendre parler !
Bien... alors pour ceux qui auraient des difficultés à lire entre les lignes, disons simplement que Uncharted est visuellement un véritable tour de force, d’autant plus qu’il s’agit là de leur premier jeu next-gen (ou HD) qui plus est sur une machine réputée complexe à programmer. Le résultat final est purement somptueux, laissant toute concurrence loin derrière ! Car, si la facture technique est une chose : frame rate stable, distance d’affichage importante, effets de lumière saisissants et autre shaders complexes à gogo, la patte artistique en est une autre. Et dans ce domaine, les studios à même de faire autorité sont très rares. Fort heureusement pour le projet Uncharted, NAUGHTY DOG en fait partie. Ainsi, de la jungle luxuriante aux ruines sombres et humides (pas de mauvais esprit, SVP !), les aventures de Nate placent le joueur au cœur d’environnements tout bonnement grandioses, et ce, de bout en bout de l’aventure !

ANIMATION
5
De nos jours, les jeux vidéo mettant en scène des situations ou des personnages dits "réalistes" ont pour la plupart recours à la motion capture. Procédé autrefois réservé aux jeux issus des plus prestigieux studios (et des plus riches !), la motion capture s’est démocratisée sans pour autant toujours donner le meilleur d’elle-même ! NAUGHTY DOG, par l’entremise d’Uncharted, montre comme toujours de quoi ils sont capables et rendent à la "mocap" un peu de ses lettres de noblesse : la palette de réactions et de mouvements offerte aux personnages relève purement et simplement de l’inédit, du jamais vu ! Diriger Nate et surtout le voir sauter, se réceptionner tantôt comme un super héros, tantôt comme un super zéro... Le voir faire une tête d’ahuri (sourcils en accent circonflexe et rictus coincé...) lorsqu’il essuie les tirs en rafales d’une embuscade ennemie ou encore lorsqu’il se protège la tête de la main en cherchant à tout prix à se mettre à couvert alors que les balles fusent témoignent non seulement de la maîtrise technique mais aussi et surtout du talent des équipes de NAUGHTY DOG.
Les nombreuses cut-scenes qui parsèment l’aventure utilisent le moteur du jeu à la seule différence que les "vilains chiens" en rajoutent encore une couche en terme d’animation car là où Heavenly Sword pulvérise certes toute concurrence avec sa motion capture faciale, Uncharted fleure bon "l’animation 100% à la main" chère à Pixar, par exemple. Du coup chaque expression et chaque mimique relève d’un travail de titan : pour l'équipe d'animateurs, le mérite n’en est que plus grand !
Avec une facture technique de cet acabit (graphismes, animation...) sur un support aussi jeune, le jeu est hélas victime de quelques rares chutes de frame rate et d’un peu de tearing, le tout n’étant à aucun moment gênant et encore moins rédhibitoire, qu’on se le dise !

JOUABILITE
5
En un mot comme en cent : excellente... à tous points de vue ! C’est d’autant plus remarquable, que Uncharted propose de multiple phases de gameplay bien distinctes. Le mode "promenade", où votre avatar déambule allègrement dans des environnements splendides à la recherche d’indices et de trésors cachés. L’intégration du personnage dans le décors est bluffante et son maniement des plus instinctifs !
Arrivent ensuite les phases dites de plate-forme. Là encore, l’immersion est totale : le pouls s’accélère et les mains deviennent moites. Nate répond au doigt et à l’œil, la caméra est toujours (TOUJOURS !) idéalement placée et le timing, bien que millimétré, n’en reste pas moins tolérant et "friendly" : ce choix ne rend en aucun cas le jeu simpliste, bien au contraire... mais meilleur !
Enfin, les phases de gunfight, innombrables, diverses et variées apportent à Drake ses petites montées d’adrénaline. Le principe, déjà vu dans Kill.Switch, et plus tard Gears Of War, consiste à prendre n’importe quel élément du décor comme couverture par le biais du bouton Rond : un muret, une colonne, un pilier, un tas de gravas, l’angle d’un mur bref, à vous de trouver le meilleur endroit, ou du moins celui qui vous convient le mieux ! Ensuite, en maintenant L1 enfoncé, Nate se mettra en position de visée, légèrement à découvert (relâchez L1 et notre héros se remettra aussitôt à couvert !). Une fois un ennemi en joue, R1 fera alors office de gâchette. Bien entendu, le panel d’armes mis à votre disposition est des plus conséquents et certaines armes se révèlent être plus adaptées à certaines situations. Le jeu se veut réaliste, ainsi, Nate ne pourra porter que deux armes à la fois : une arme légère genre 9mm, Desert Eagle ou autre... et un fusil, qu’il soit à pompe, automatique ou encore d’assaut. Il pourra également porter sur lui quatre grenades, dont le lancer s’effectue très facilement en utilisant la fonction SixAxis. Cette fonction sera encore mise à contribution, de façon hélas anecdotique, lorsque Nate traversera une rivière, par exemple, sur un tronc d’arbre : il faudra alors contre-balancer ses petites pertes d’équilibre.
Pour finir, il faut signaler la présence d’une I.A. de très haut vol, peut-être même ce qui se faisait de mieux en 2007 ! Car, pour une fois dans un jeu vidéo, vos ennemis seraient presque malins (dans tous les sens du terme). Bien entendu, leur intelligence et leur agressivité dépend fortement du mode de difficulté que vous aurez choisi. Mais quel qu’il soit, les pirates se mettront à couvert, jetteront un coup d’œil avant de changer de couverture et tenteront de vous déloger à coup de grenades. De plus, leur arrivée et leur déplacement ne sont que modérément scriptés. Le mode de difficulté Crushing, à mon sens, représente sans doute le climax de cette I.A. : les méchants deviennent alors hyper-mobiles et changent de couverture régulièrement, ils se couvrent mutuellement lors de leurs déplacements , ils chercheront à tous prix à vous encercler et vous traqueront sans relâche (c’est d’ailleurs la faille à exploiter...) où que vous vous cachiez, vous obligeant ainsi à être encore plus rapide, encore plus précis et encore plus vif qu’avant. Autant dire que les coups de stress et les montée d’adrénaline deviendront rapidement monnaie courante, pour notre plus grand plaisir... si j’ose dire !

DUREE DE VIE
4
Là encore, tout dépend de votre façon de jouer : en Normal (ou même Easy) les rushers auront vite fait de mener l’aventure à son terme : moins d’une dizaine d’heures. Pour les joueurs plus normaux, ceux qui savent apprécier le décor et ses panoramas par exemple, mettront sans doute au moins 12 heures à finir le jeu... Restent ensuite toutes les reliques à découvrir, au nombre de 60 (enfin, 61... ^_^), elles relancent non seulement l’intérêt du jeu mais peuvent pour certaines, offrir un challenge des plus intéressants. Enfin, les Médailles (qui depuis ont été transformées en "Trophées"), qui permettent de débloquer moult bonus en tous genres : galerie, making of, skins, cheat codes, et tout un tas d’autres goodies bien festives. Et pour récupérer le maximum de 1000 points, il vous faudra dompter le mode "Crushing"... autant dire qu’une bonne vingtaine d’heures en tout seront nécessaires pour faire le tour du soft... et en l’absence d’un mode online, je trouve que c’est une belle performance !

SON
5
Quand est-ce que NAUGHTY DOG nous a déçu sur ce point pour la dernière fois ? Attendez, je réfléchis... Ah, ça y est, j’ai trouvé : JAMAIS !!!! Et croyez-moi, ce n’est pas avec cet Uncharted que cela va commencer ! Bruitages divers et variés, très nombreux et incroyablement réalistes, ils offrent à l’expérience de jeu une profondeur plus qu’appréciable et au joueur une immersion garantie ! Les balles sifflent, le vent souffle (au sommet des grands pins... oups, je m’égare !) et une grenade qui vient remplir sa mission un peu trop près de Nate occasionnera aussitôt un acouphène des plus désagréables... Support Blu-Ray oblige, NAUGHTY DOG met les petits plats dans les grands : DTS 5.1... ouais, facile me direz-vous, mon DVD faisait déjà ça... certes, mais sûrement pas avec plus d’une dizaine de langues parlées : anglais, français, allemand, italien... tout y passe, même le suomi ^_^ ! Autant dire qu’à ce niveau, Uncharted fait et fera autorité un bon bout de temps ! Le doublage à proprement parlé est du même niveau que la facture technique : de très haut vol ! Et dire que les acteurs (de la VO...) sont crédibles reste un doux euphémisme. D’ailleurs, la variété des situations leur permet de donner la pleine mesure de leur talent : humour décapant, petites répliques cinglantes, coup de cœur, coup de gueule... du travail d’orfèvre mes amis ! La VF, une fois n’est pas coutume, n’est pas en reste et nous offre une aventure au moins mémorable, sinon à marquer d’une pierre blanche !
La bande sonore, elle, prolonge une expérience visuelle déjà très riche ! Signée Greg EDMONSON, elle précipite littéralement le joueur dans une aventure palpitante puisqu’à bien y réfléchir "{qui n’a jamais souhaité voir le soleil souverain guider ses pas au cœur du pays Inca, vers la richesse et de l’histoire des mystérieuses cités d’or}" ? Ami trentenaire, si tu ne viens pas de sourire bêtement à la lecture de cette phrase, c'est que quelque chose ne tourne pas rond, crois-moi ! Plus sérieusement, et pour faire simple, disons que la BO d’Uncharted ferait très bon effet au cinéma. Tout est dit, je crois là !
Plus de détails...

ACCESSIBILITE
5
Le héros offre une palette de mouvements riche que le joueur se fera un plaisir de dompter tout au long des tout premiers chapitres : ainsi les gunfights, acrobaties et autres se dévoileront progressivement permettant au joueur de les assimiler durablement. Du coup, pas besoin d’être un dieu du pad pour profiter pleinement des aventures rocambolesques de Nathan !
Enfin, qu’il s’agisse de la langue, du texte ou même des sous-titres ; tout est paramétrable indépendamment ! Et donc, si votre trip est de jouer en langue allemande, avec le texte en suomi et les sous-titres en espagnol : aucun problème, Uncharted offre ce genre de possibilité !

LES +LES -
+ Facture technique haut de gamme !
+ Ambiance hors du commun !
+ Gameplay au petits oignons !
+ Personnages très attanchants !
+ I.A. performante !
- Pas assez de plate-forme ni de puzzles !
- Un boss de fin plutôt décevant !
- ... bah c’est tout !

VERDICT
9

Chers amateurs de bons jeux,

La vocation originelle de Legendary Games est essentiellement le plaisir de (re)découvrir le monde du rétrogaming. Malgré tout, étant de "vieux" joueurs issus de la fin des seventies, nous ne pratiquons pas que du "vieux" jeu à base de briques à casser ou autres oldies poussiéreuses. Vivant dans le présent, nos vieux os ne nous empêchent pas de tâter de la manette vibrante gyroscopique qui d’après mon boulanger pourrait être néfaste pour nos arthroses naissantes de trentenaires. Oui, mon boulanger, en plus de s’y connaitre en viennoiserie, est aussi expert en effet post-traumatique provenant d’un mouvement vibratoire, Dr. House Powa ?

Trêve de fariboles. Aujourd’hui l’heure est venue de tirer l’épais voile de laine disgracieux et grossier qu’une certaine presse (française) s’est efforcée de tisser sur l’un des jeux qui aurait dû marquer le sol vidéo-ludique d’une pierre blanche (qui n’est pas le frère de Francis... oui c’est nul muah muah...) courant décembre 2007. Uncharted Drake’s Fortune, retenez bien ce titre relatant les péripéties "aventuresques" d’un attachant chercheur de trésor. Legendary Games se doit aujourd’hui de revêtir sont plus beau costume de sauveur de hits cousu de fils d’argent.

UN TITRE PREMONITOIRE

"Uncharted", dans un anglais approximatif, cela veut dire inexploré, non répertorié... Spéciale dédicace à Mme Pasquier, ma prof d’anglais du collège de Broumt ! Cette traduction évoque quelques tests douteux que nous avons pu lire à propos du jeu. Certains ne sont pas en accord avec l’aventure intense, en terme de rythme et de longueur, que peut nous offrir le soft. Un arrière-goût de traitement superficiel saupoudré de mauvaise foi de la part de certains rédacteurs de notre presse nationale persiste dans nos bouches. Etrangement, toutes les personnes de mon entourage ayant vu ou joué à Uncharted sont restées bouche bée à maintes reprises devant le spectacle divertissant que peut nous suggérer ce jeu. Certes, Uncharted n’a pas été coulé aussi profondément par la presse spécialisée que le Titanic par son iceberg. Mais tout de même, son accueil devait être comme une fête : en fanfare, avec feux d’artifice et patrouille de France dans le ciel pour inciter le joueur à se jeter très justement et massivement dessus. Au lieu de ça, on a parfois le droit à un couplet classique de jeu moyen pas très innovant dont la durée de vie se consommerait aussi rapidement qu’une bonne petite mignardise. Et bien il est temps de rajouter un peu de levure à tout ça puisque la durée de vie proposée entre parfaitement dans tous les standards du genre, pour peu qu’on prenne le temps de savourer l’univers offert et de partir à la recherche des différents objets cachés dans le jeu.

OBJECTIVEMENT BEAU

Concernant les graphismes, c’est avec la conviction et l’intransigeance papale que nous pouvons canoniser Drake’s Fortune, dès la fin de l’An de Grâce 2007. Saint Drake hume bon cette douce fragrance raffinée que l’on se doit d’attendre d’une exclusivité PlayStation3, et non pas l’odeur de foutre et de pet froid d’un jeu sans âme ayant vendu son corps plein de bugs à toutes les plates-formes du marché... Petite référence à un jeu commencant par Assassin’s et se terminant par Creed injustement encensé lors de sa sortie à la même période que Sa Sainteté Drake.
En lisant ici et là des remarques du genre "effets foireux et textures approximatives", il est vraiment difficilement concevable que nous puissions parler du même jeu. Il est réputé que la beauté soit subjective, mais tout de même, lire de tels propos me semble avoir la même objectivité que celle d’un ivrogne terminant son tonnelet de rhum en beuglant qu’il peut prendre la route en toute sécurité alors qu’il a du vomi encore tout chaud sur ses sandales. C’est à se demander si certains ne testent pas les jeux sur des écrans de drive-in avec une loupe à la main, le tout sous l’emprise de champignons psychotropes.
Sincèrement je me souviendrai pendant très longtemps de l’impression d’immersion que le niveau de la jungle m’a procuré. Ce n’est pas simplement beau, c’est tout bonnement époustouflant : les textures de la végétation sont fines à souhait, l’eau est d’un réalisme rarement atteint, ça bouge de partout. Quand on pense que NAUGHTY DOG a développé son propre moteur de jeu sans passer par les incontournables HAVOC ou UNREAL ENGINE, je crois que ça ne peut que forcer le respect. De plus, et ce n’est pas une broutille, Drake’s Fortune ne nécessite pas d’une gourmande installation sur le disque dur puisque le chargement des niveaux se fait de manière discrète en utilisant le streaming, technique qui consiste à charger au fur et à mesure les éléments dont le jeu a besoin. Vraiment, vraiment... en plus d’être magnifique, avec une très bonne gestion de la lumière, le jeu est optimisé. Et puis je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai pris un malin plaisir à m’arrêter plusieurs fois dans le jeu simplement pour faire des poses "cartes postales". Genre Nate dos à un soleil se couchant dans l’océan et bien d’autres encore. Le travail de finition sur le personnage principal est ahurissant, quand il batifole sous une cascade ou nage un peu dans l’eau, et bien le monsieur il est tout mouillé quand il sort. Face à certains dangers, l’expression faciale du héros se met à changer. Sinon rien ne vaut quelques combats au corps à corps pour apprécier également la modélisation remarquable des ennemis.

PRISE EN MAIN PARFAITE

L’introduction fait office de tutorial concernant l’aspect "action" du jeu. Elle se déroule sur un bateau. Les vagues successives d’ennemis permettent de mettre en pratique rapidement et dans un espace réduit le système de tir, de couverture ainsi que le combat au corps à corps. Rien à redire toutes les commandes répondent au doigt et à l’œil. On subodore rapidement le plaisir de jeu qui nous attend par la suite en déglinguant du pirate à coup de bastos ou bien en distribuant de grosses mandales dans leur tronche tannée par le soleil, la dite mandale s’effectuant avec le ralenti qui va bien pour satisfaire à notre honteuse envie, bassement violente et pervertie par le démon du jeu qui sommeille en nous. Infâmes gamers frustrés que nous sommes, nous allons tous finir dans un collège à reproduire ces actes belliqueux inextinguibles qu’avec la collection d’armes de papa. N’ayez crainte Mme Pasquier... je plaisante !
Alors j’entends déjà les mauvaises langues aigries du dernier rang dire qu’il n’y a rien de neuf dans ce système, et bien oui... et alors ! Il est magnifiquement mis en œuvre dans un contexte sublime. Pas la peine de chercher de nouveaux concepts en permanence. Il est quand même largement préférable de jouer avec un système abouti qu’avec une tripotée de nouveautés mal intégrées ou trop accessoires. Il est à noter tout de même que la nouvelle et "accessoire" fonction gyroscopique de la SixAxis est intelligemment utilisée pour l’angle de lancer des grenades.
En ce qui concerne les armes, on reste dans le domaine du classique et du réaliste. Deux armes transportables à la fois en plus de la bonne vieille grenade : elles sont de type mitraillette, revolver, fusil à pompe... Ici point d’arsenal fantaisiste bien velu de type "rayon de la mort venu de l’outer space". Que les vicelards et adeptes du tir à distance (moi, moi !) soient rassurés, le jeu leur proposera quelques séquences de sniping pour satisfaire nos pulsions d’assassin invincible.
L’intelligence artificielle, quant à elle, fait partie des bons élèves. Les ennemis ne sont certes pas des experts en stratégies militaires, mais leur comportement général est très appréciable. A savoir qu’ils ne foncent pas tête baissée, savent se mettre à couvert, se déploient et se déplacent de manière différente, ce qui rend passionnant et non répétitif les nombreux gunfights que propose le jeu.

Le niveau suivant débute dans une magnifique jungle luxuriante et permet dans un premier temps de se familiariser avec le déplacement de Nathan Drake. Puis dans un second temps d’aborder la partie plate-forme du jeu. Alors là, en plus d’être superbes avec une animation du héros à couper le souffle aux ouragans Katrina, Mitch et consorts réunis, les séquences plate-forme s’avèrent être un régal grâce à une caméra habilement utilisée. Il est vrai qu’elles ne sont pas vraiment difficiles car il n’est pas nécessaire de sauter depuis le bout du poil de fesse du dernier pixel de chaque caillou puisque Nathan a tendance à récupérer facilement un hypothétique saut commencé trop tôt.
Par la suite, Nathan aura la possibilité de "gunfighter" à bord d’une jeep où le joueur devra simplement se concentrer à mitrailler ses assaillants. Puis des séquences de jet ski où le joueur devra, entre autre, piloter et tirer en même temps. Rien d’exceptionnel dans ces séquences qui restent tout de même très agréables car extrêmement bien mises en scène. Globalement, on ne peut que se délecter du savant cocktail d’action et de plate-forme qui nous est offert... contre la modique somme de beaucoup d’Euros tout de même me soufflent les plus radins d’entre vous. (NdH.S. : ce qui n’est plus vrai aujourd’hui puisque la gamme Platinum met désormais le soft à la portée des bourses les moins garnies !)

COMME AU CINEMA

En plus d’être une expérience de jeu formidable pour le joueur, il faut dire qu’il est également très agréable à regarder en tant que spectateur. Drake’s Fortune est construit comme un film, de nombreuses cut-scenes très cinématographiques venant ponctuer les phases de jeu. Le tout accompagné par des musiques exceptionnelles formidablement orchestrées, dignes des plus grands blockbusters américains. D’ailleurs il faut le prendre comme tel : son scénario, léger pour certain, est du même niveau qu’un bon film d’aventure avec son lot de rebondissements. Ce que j’apprécie vraiment dans le travail de NAUGHTY DOG, c’est la façon dont ils ont réussi à captiver comme par enchantement l’attention de tout joueur qui a inséré Uncharted dans sa PS3. En général quand on appuie sur le bouton "Eject" pour la première fois, c’est quand on a terminé le jeu... ou bien qu’un Blu-Ray doit être visionné !
En tout cas, pour ma part, j’attends impatiemment la suite des aventures de Nathan Drake. Le futur simple n’est pas le temps de l’indicatif le plus utilisé en matière de rétrogaming, mais n’ayons pas peur de l’employer en vous indiquant que "Uncharted 2 : Among Thieves" sortira à la fin de cette année, que les quelques vidéos circulant déjà sur la toile annoncent du très hard-heavy-lourd et, enfin, que les possesseurs de PlayStation3 ne doivent pas ignorer de le savoir... et vice et versa !


Galerie
 
Visites | Tests | © Legendary Games | Tous droits réservés | Flux RSS/Syndication | Espace privé