SOUL BLADER
"FREE THE FREILIANS. MAKE DEATHTOLL PAY."
DATABASE
TITRE ORIGINAL SOUL BLADER
ALIAS SOUL BLAZER (USA & EUR)
GENRE: ACTION-RPG
DEVELOPPEUR: ENIX (QUINTET)
MACHINE: SUPER FAMICOM
ANNEE: 1992
JOUEUR(S): 1
DIFFICULTE: NORMALE
SAUVEGARDE: BACK-UP RAM (4 fichiers)
MEDIA: CARTOUCHE (ROM)
TAILLE DU JEU: 8 MEGS
REFERENCE: SHVC-SO (JAP)
SNS-SO-USA (USA)
SNSP-SO (EUR)
DATE DE SORTIE: 31/01/1992 (JAP)
xx/xx/1992 (USA)
27/01/1994 (EUR)
PRIX A SA SORTIE: ¥8,800 (JAP)
$49.99 (USA)
449 F (EUR)

COTE

Soul Blader est un jeu très bon marché... comptez environ entre 20 et 25 Euros pour une copie en très bon état. La version américaine, comme d’habitude reste quasi-impossible à trouver complète et/ou en bon état. Sinon, comptez une dizaine d’Euros, pas plus, pour la cartouche seule. Les versions européennes, sorties plus tard et en plus faible quantité sont assez difficiles à trouver : allez jusqu’à 40 Euros pour une copie complète en bel état !


BON A SAVOIR

Dans la version japonaise, le logo ENIX est blanc et le titre SOUL BLADER apparaît en bleu et peut être zappé en appuyant sur Start alors que dans les versions américaine et européenne, le logo ENIX est violet et le titre SOUL BLAZER est orange et vous devez attendre qu’il ait fini de scroller pour commencer à jouer.
De plus, durant le générique de fin, dans la version japonaise, on peut voir Lisa fermer les yeux, réunir ses mains et prier. Dans les autres versions, on ne la voit que fermer les yeux...
Le niveau maximum que vous pouvez atteindre après avoir accumulé 99 999 999 EXP est le Level 50, c’est-à-dire 100 HP. D’ailleurs le niveau est siglé LV dans la version japonaise et LEV dans les autres versions.
Toujours pour la version japonaise, il est possible d’acquérir jusqu’à 9 999 999 GEM, alors que dans les autres versions le joueur est "limité" à 999 999 GEM. 
A divers moments durant le jeu, vous avez la possibilité de donner différentes réponses. Et bien quelles que soient les réponses données, cela n’influence en aucun cas ni sur les évènements ni sur les réponses ou réactions de vos interlocuteurs, étonnant, non ?
ENIX, sous le label APOLLON INC., a sorti un album de l’OST du jeu : Soul Blader (APCG-4021).


TEST

SYNOPSIS

Le royaume de Freil est dirigé par un roi que ses sujets pensent être bon et juste. Que nenni, le roi Magridd est un souverain avant tout avide de richesses. Ayant eu vent d’un savant du nom de Dr. Leo, il décide de forcer ce dernier à mettre au point une machine capable de communiquer avec l’autre monde. Le roi entre alors en contact avec Deathtoll, le seigneur des Ténèbres. Un pacte est ensuite scellé : une pièce d’or en échange d’une âme... Ni une ni deux, le roi Magridd se retrouve plein aux as... mais seul au monde ! Plus aucune créature vivante ne peuple le royaume... Témoin de ce drame, le Maître vous charge d’une mission... et c’est à l’envoyé divin que vous êtes qu’incombe cette lourde tâche : remettre un peu d’ordre dans ce bordel... oups, je m’emballe là !


PRESENTATION
3
Elle reste plutôt sommaire, l’histoire nous est contée de façon assez succincte. La packaging japonais reste toujours un enchantement pour les yeux... contrairement à la boîte américaine (yuk !). L’épilogue est des plus soignés... laissant facilement deviner une suite plus que probable !

GRAPHISMES
4
Les décors sont riches en détails et très variés, il faut cependant garder à l’esprit que le jeu date de 1992. Ils sont, en tout cas, plus matures et plus "dark" qu’un Zelda 3. Les ennemis sont variés même si le design de certains reste limite. Les boss sont, pour la plupart, assez impressionnants !

ANIMATION
3
Elle est des plus correctes. Les sprites sont plutôt petits et n’innondent jamais l’écran ! Mention spéciale pour les effets spéciaux : transparence, distorsion et ce rendu de l’eau révolutionnaire... pour 1992 !

JOUABILITE
3
Aucun problème à ce niveau-là... tout baigne dans l’huile. Elle reste toutefois un cran en-deça de Zelda, car notre héros ne peut pas se déplacer en diagonale. Les menus sont simples et ergonomiques...

DUREE DE VIE
3
Elle est, avouons-le, plus que correcte. Quasiment équivalente à celle de ce bon vieux Zelda 3... Il y a certes moins de recherche et les quelques quêtes annexes (recherche des magies et des symboles) ne vous résisteront pas bien longtemps...

SON
4
La bande sonore de Soul Blader reste un monument du genre : elle colle toujours parfaitement à l’ambiance... à laquelle elle contribue très largement. Certaines sonorités peuvent cependant paraître un peu décalées (hein, RaF ?)... moi, j'adore ! Les bruitages sont plutôt discrets mais restent efficaces... préparez-vous, cependant, à entrendre "wip...wip" un bon demi-million de fois :-)
Plus de détails...

ACCESSIBILITE
2
L’évolution de l’histoire reste assez facile à suivre. En revanche toutes les autres actions à réaliser sont autant de petits challenges qui attendent les joueurs ne parlant pas japonais. Notez que les différentes versions européennes n'ont pas été traduites dans leurs langues respectives : que de l'anglais !

LES +LES -
+ Une excellente alternative à Zelda 3 !
+ Une ambiance géniale...
+ Quelle bande sonore, mes amis !
- Assez répétitif tout de même !
- Gameplay plutôt simpliste...

VERDICT
8.5

La place, le temps et les mots me manquent pour décrire la passion que j’ai vis-à-vis de ce jeu. Ce fut d’abord, à l’origine, un test dans cette émission culte des années 90, j’ai nommée Micro Kids... on y voyait le premier niveau en long, en large et en travers avec, merci la télé, le son (j’y reviendrai plus tard). Ce fut ensuite, dans la foulée, un test magnifique, signé Wieklen (les plus jeunes ne peuvent pas le connaître !) paru dans Consoles + (le n°14 si ma mémoire est bonne...) et la note tout aussi magnifique de 94% ! Ce fut ensuite pour moi une longue, très longue attente (plus de deux ans !) parsemée ça et là de nombreuses hésitations : l’acheter en jap’ au risque de ne rien y comprendre... je l’avais d’ailleurs, à de nombreuses reprises, en main lors de mes visites hebdomadaires chez Espace 3 à Strasbourg (ah... que de bons souvenirs !) ou essayer de le trouver en version américaine... Bref que de dilemmes avant de pouvoir enfin y jouer : à ce sujet, encore une fois merci AlW (décidément, qu’aurais-je fais sans lui ?) de m’avoir prêté cette cartouche qui allait changer ma vie de gamer... Nous sommes donc le mercredi 5 janvier 1994 l’après-midi (je m’en souviens parfaitement, on avait cours le matin avec M. Durr et ses histoires de Lothaire et de sa fratrie... super passionnant quand on ne rêve que d’une chose : essayer un jeu qu’on attend depuis plus de deux ans !), j’insère la cartouche dans mon adaptateur et enfiche le tout dans ma console... je l’allume et là entre soupirs d’accomplissement et béatitude quasi-contemplative, mes mains fébriles s’emparèrent du pad pour ne le lâcher que de nombreuses heures plus tard quand, arrivé à St Elles, je bloque pour la première fois... version japonaise oblige ! Car, pour tout vous dire, Soul Blader a été mon tout premier jeu japonais où la compréhension de la langue était hautement recommandée.
Plus de deux ans après Zelda – A Link To The Past (communément appelé Zelda 3), ce Soul Blader avait pour moi une saveur toute particulière : joliment exotique... j’avais l’impression d’avoir un peu du Japon chez moi ! Proposant un gameplay aux antipodes de celui de Zelda, son grand rival à l’époque de sa sortie, Soul Blader étonnait par son aspect RPG beaucoup plus poussé : points d’expérience, équipement varié (épées, armures, accessoires aux capacités diverses...) et sortilèges magiques. Mais aussi par une facture technique franchement bluffante : graphismes fins et détaillés, environnements riches et colorés et sprites, certes un peu petits mais là encore "finement ciselés" comme dirait notre Pierre BELLEMARE national. L’utilisation judicieuse d’effets spéciaux : transparence, distorsion etc... donnait beaucoup de cachet à un jeu qui n’en manquait pourtant déjà pas ! Ajoutez à cela une bande sonore de grande qualité et vous comprendrez aisément pourquoi ce jeu m’a marqué comme presque nul autre ! Cependant, dans un souci d’objectivité, je dois tout de même lui reconnaître quelques défauts ou plutôt quelques faiblesses... Un gameplay certes plaisant mais tout de même assez simpliste (voir ci-après) et une jouabilité des plus correctes où on regrettera simplement que notre héros ne puisse se déplacer en diagonale.
Le but de votre quête (si vous avez lu et/ou compris le synopsis) est donc de repeupler le royaume de Freil : chaque habitant, chaque maison, chaque pont ou escalier étant retenu captif par Deathtoll, le Seigneur de Ténèbres. Le principe, donc, est d’affronter, durant les phases dites "d’action", des ennemis générés par des espèces de portails. Une fois un certain nombre de monstres abattus, le portail en question se transforme en interrupteur qui, actionné par votre avatar, libère une âme, fait apparaître un coffre ou un nouveau passage vers la suite de l’aventure... Et ce jusqu’au boss qui, une fois à terre, vous permettra de récupérer une Pierre Magique. Rassemblez les six Pierres Magiques disséminées aux quatre coins du royaume et vous ouvrirez les portes vous menant tout droit à Deathtoll. Votre quête prendra fin sitôt le Seigneur des Ténèbres vaincu ! Après l’effort, le réconfort : les diverses phases d’action sont entrecoupées de phases plus calmes dites "d’exploration" où vous parlerez avec les nombreux habitants fraîchement libérés (homme, animal, végétal voire même objet prétendu inanimé), récupérerez de précieuses informations et d’utiles objets et ferez ainsi progresser l’histoire... jusqu’à un épilogue aussi stéréotypé que surprenant !
Surprenant, c’est justement un des adjectifs qui sied le mieux à Soul Blader car sous son emballage enfantin se cache un jeu au scénario et aux thèmes abordés incroyablement mature. Le scénario, tout d’abord... mettant en scène un roi pétrit d’avidité qui n’hésite pas à pactiser avec le Seigneur des Ténèbres (le Diable ?) et vendre ses loyaux sujets en échange de pièces d’or... Ensuite le Maître (je me demande même si la version japonaise ne parle pas plutôt de "Dieu" et que le terme "Maître" n’est apparut qu’au moment de la traduction, et donc censure, américaine ?) qui envoie notre héros (un ange ?) sur Terre pour régler le problème. Notre avatar, incarnation terrestre de la volonté divine peut donc être à juste titre considéré comme la Main de Dieu... et, à l’instar d’Actraiser (de la même équipe, soit dit en passant), le joueur se retrouve une fois de plus dans le rôle de Dieu !
Ensuite, d’autres thèmes tout aussi adultes comme la faiblesse de la nature humaine (le roi, la reine... même Lisa et les nains de Laynole dans une certaine mesure), la trahison, l’envie (l’avidité, en fait), la mort, la réincarnation sont abordés mais gentiment mis en scène et atténués (le jeu est quand même destiné aux enfants !) par de jolies couleurs et des personnages tout kawai, limite SD. Le climax, à mon sens, intervient lors de l’épilogue...
ATTENTION SPOILER !
...lorsque le héros par amour pour Lisa (ou par curiosité du monde des humains, cela reste assez flou, chacun pourra se faire son opinion là-dessus...) renonce à son statut divin et choisit de devenir mortel pour vivre sur Terre. C’est d’autant plus surprenant (décidémment !) qu’il semblait tout au long de l’aventure être très détaché des évènements, à la limite de l’indifférence.
END OF SPOILER !
C’est certain, il flotte sur ce Soul Blader comme un sentiment de tristesse à la limite de la mélancolie, souvent contrasté pourtant par une bande sonore beaucoup plus joviale : le thème des "villages" une fois le boss vaincu en est la parfaite illustration. Cette bande sonore justement, et pour finir, m’a marqué à vie, je crois bien ! Le thème joué à l’orgue me donne toujours, même quatorze ans après, une chair de poule à peine avouable. Alors bien sûr certaines sonorités sont très synthétiques et paraissent aujourd’hui totalement désuètes, mais en 1992, la concurrence devait se lever de bonne heure pour prétendre rivaliser avec le travail du sieur TAKEKAWA. Et quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que ce bon FMR adorait lui aussi cette bande sonore bien que n’ayant jamais joué au jeu : je sais, c’est la honte pour lui... mais il a au moins terminé Sonic, pas vrai RaF ? (NdRaF : C’est que c’est un semi pro notre FMR !) si bien qu’on s’est retrouvé à enregistrer tant bien que mal (avec le vilain larsen inhérent à la péritel de la console) ces morceaux absolument mémorables sur Minidisc. Finalement, l’arrivée d’internet et d’eBay plus particulièrement, m’aura permis d’acquérir l’OST du jeu, non sans m’avoir obligé à casser ma tirelire !
Donc voilà, Soul Blader fait tout simplement parti de mes jeux fétiches sur Super Famicom que j’ai déjà terminé au moins une dizaine de fois. Et ne serait-ce que pour cette bande sonore signée Yukihide TAKEKAWA, je pense bien le finir une onzième. Mais toi, joueur, peut-être moins passionné, donne lui sa chance à ce jeu et vit cette aventure au moins une fois dans ta vie de gamer. Le jeu n’est certes pas exempt de défauts mais il fait partie, à mon sens, des A-RPGs majeurs de la Super Famicom au côté des Zelda, Gaia, Terranigma et autres Seiken Densetsu... bref, les jeux à faire impérativement si on veut pouvoir l’ouvrir sur le sujet sans s’attirer les foudres des connaisseurs ^_^ ! Pour terminer, et en un mot comme en cent, j’adore Soul Blader au point de le défendre bec et ongle dès que l’occasion m’est donnée... j’adore Soul Blader un point c’est tout ! Ça vous choque ?

P.S. : La plupart des captures d’écran proviennent de la version américaine... Une galerie "made in Legendary Games" arrivera prochainement, promis !


Galerie
 
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