PRINCE OF PERSIA : THE SANDS OF TIME
"IN MY QUEST FOR REDEMPTION NOT EVEN MY DEATH CAN STOP ME !"
DATABASE
TITRE ORIGINAL PRINCE OF PERSIA : THE SANDS OF TIME
ALIAS PRINCE OF PERSIA : JIKAN NO SUNA (JAP)
GENRE: ACTION / PLATEFORME
DEVELOPPEUR: UBISOFT CANADA
MACHINE: PLAYSTATION 2
ANNEE: 2003
JOUEUR(S): 1
DIFFICULTE: NORMALE
SAUVEGARDE: MEMORY CARD (85 KB)
MEDIA: DVD-ROM
DATE DE SORTIE: 02/09/2004 (JAP)
06/11/2003 (USA)
xx/xx/2004 (GREATEST HITS)
21/11/2003 (EUR)
xx/xx/2004 (Platinum)
PRIX A SA SORTIE: ¥7,140 (JAP)
$49.99 (USA)
$24.99 (GREATEST HITS)
59.99€ (EUR)
24.99€ (Platinum)

COTE

Le jeu pullule littéralement ! Ainsi, une copie US ou européenne en parfait état devrait se trouver sans aucune difficulté pour un prix avoisinant les 10 Euros ! Comptez tout de même une bonne vingtaine d’Euros pour un exemplaire nippon forcément plus rare.
Il est encore possible de mettre la main sur des premières éditions flambant neuves : là, en revanche, les prix peuvent s’envoler !


BON A SAVOIR

Jordan MECHNER, le créateur du Prince of Persia originel, a participé au développement du jeu en tant que scénariste, game designer et consultant artistique.
Le jeu est également sorti sur PC, Xbox, GameCube et GameBoy Advance.
Le jeu a reçu plus d’une vingtaines de prix entre 2003 et 2004 dont, entre autre, "Best Action/Adventure Game" à l’E3 2003, "Editors’ Choice Award" chez IGN et GameSpot ou encore "Game Of The Year 2003" chez Penny Arcade et Electronic Gaming Monthly.
Prince of Persia The Sands of Time a obtenu 92% sur Metacritic.
Le jeu est également disponible dans les collections "GREATEST HITS" aux États-Unis et "Platinum" en Europe.
Le jeu est également sorti sur PlayStation3 sous le nom de "Prince of Persia TRILOGY". Il s’agit d’un portage HD bénéficiant de la 3D stéréoscopique.
BRADY GAMES, dans la collection "Signature Series Guide" a édité un guide-book du jeu : Prince of Persia The Sands of Time Official Strategy Guide.


TEST

SYNOPSIS

Le Grand Pop est de retour ! (je sais elle est facile). Parti guerroyer un Maharadjah avec papa en Inde, le prince a prouvé sa bravoure en s’emparant de la fabuleuse dague du temps, alors que son auguste géniteur a pris possession dans le même temps des sables du temps. Sur le chemin du retour alors que leur armée fait relâche chez le sultan Azah, un vizir félon de feu le Maharadjah abuse de la naïveté du jeune prince, réveille la malédiction des sables du temps et plonge le palais dans le chaos total. Tous les être vivants sont transformés en zombie des sables. Tous ? non, le prince et la fille du maharadjah, Farah, sont les seuls à échapper au maléfice et devront tout au long de cette aventure épique s’évertuer à rétablir l’équilibre brisé.


PRESENTATION
4
Le retour du Prince s’accompagne avec une cinématique d’introduction de toute beauté, sans pour autant gaver le joueur comme un foie de canard au moment de Noël. Mais ce qui impressionne en premier lieu est le choix de narration fait par UBISOFT, loin d’être original ou inédit, il n’en est pas moins surprenant. En effet, l’histoire est contée par le Prince à un interlocuteur (qui cela peut-il donc être ???) en même temps qu’au joueur. Aussi si ce dernier ne se montre pas à la hauteur, le Prince interviendra pour indiquer "Non, non, ça n’est jamais arrivé !". Chaque étape importante du jeu donnera lieu à des monologues de la part du héros où il expose ses sentiments, ses états d’âme et commente le comportement de sa charmante compagne d’aventure, ajoutant une touche d’humour très agréable, le tout permet une immersion totale et donne à l’ensemble une ambiance résolument conte des mille et une nuits. Rafraîchissant comme un thé glacé un après-midi d’été !

GRAPHISMES
4
Sublimes. Les premières impressions ne laissent pas de doute sur la suite, ça fourmille de détails, les textures sont magnifiques : mon Dieu que ce Prince est beau, à en faire transpirer les dents des jouvencelles orientales ! Les effets de lumières, de flou toujours utilisés à bon escient, les couleurs chatoyantes comme un reflet de Lune sur un thé à la menthe aux épices d’orient un soir d’automne sont un enchantement pour les yeux et le tout au service d’un design général et d’un level design à renverser un sumo de 250 kg.

ANIMATION
4
Il est beau certes, mais est-ce qu’il bouge bien me direz-vous. Nul doute là dessus ! La palette de mouvements de notre bon Prince est absolument énorme ! Il se meut (comme dirait Marguerite !) avec classe et légèreté, un vrai félin. Le geste est précis, le mouvement fluide. Il faut le voir, s’accrocher au poteau, courir le long des murs et se lancer dans le vide pour planter ses ongles dans une corniche que l’on croyait inatteignable, saisissant et tellement prenant ! Dommage que le frame rate connaisse quelques ratés.

JOUABILITE
4
Le gameplay ressemble à s’y méprendre à un menu gastronomique, jugez-en plutôt :

Une grosse tranche de plateforme avec ses déesses du jardin 4/5

La maniabilité du Prince s’appréhende avec une facilité déconcertante vu la panoplie de ses acrobaties. Une fois n’est pas coutume l’allocation des boutons est parfaite, à se demander si la philosophie de la DualShock2 n’est pas d’être un prolongement des mains. Les phases de plateforme s’exécutent avec facilité. Dès les premières salles du jeu, le joueur est familiarisé avec la logique "Cirque de Pékin", une simple pression sur L2 ou R2, permet d’interagir avec les caméras et donnent une lisibilité supplémentaire à l’action. La taille des salles et leur complexité font douter un court instant, mais très rapidement, la dextérité et les acrobaties millimétrées du Prince rassurent le joueur anxieux, le transformant en chorégraphe faisant faire à son protégé, sauts, entrechats et autres arabesques... Les erreurs sont légions, heureusement, par un artifice scénaristique les développeurs ont introduit le concept de "rembobinage à l’aide de la Dague du Temps". Une simple pression sur L1 rembobine l’action comme sur le vieux magnétoscope de Tata Alice. Stupéfiant. Bien entendu, pour rendre cela possible il faudra avant toute chose remplir la jauge idoine avec les doses de sables du temps, trouvées au détour d’un couloir parsemé de herses et de scies ou a prélever à coups de sabre sur des zombies récalcitrants.

Puis une part de casse-tête avec sa sauce épicée à la Harissa 4/5

Pour mettre en valeur un gameplay à montrer en exemple dans toutes les écoles de développement, et un level design qui tient du génie rien de tel que quelques énigmes, puzzle et casse-têtes où réflexion et observation seront indispensables, Farah en charmante compagne n’aura de cesse d’aider le Prince, lui débloquant des leviers que son gabarit, taillé en allumettes lui permet d’atteindre. Ahhhh, je songe à ce puzzle à base de rais de lumière vers la seconde moitié du jeu, un régal pour les méninges. Heureusement pour ceux qui abhorrent les sudoku et haïssent les mots fléchés, les développeurs ont intégré à chaque point de sauvegarde des visions indiquant sous forme de flash des indices souvent très gros sur la manière d’aborder tel ou tel passage délicat. Pas d’inquiétude donc, la surchauffe de synapse n’est pas pour tout de suite.

Et pour finir de la baston avec son coulis de fruit rouge 3/5

A l’image de certains repas, il y a des desserts qui ont du mal à passer, c’est un peu le cas des combats. Certes, les talents d’acrobates du Prince lui permettent de virevolter autour des adversaires, passer dans leur dos, toutefois cela n’ôte pas un désagréable goût de cornichon avarié pour poursuivre dans la métaphore culinaire. Tout est là pourtant, des capacités magiques, une furie dévastatrice, sans oublier la dague du temps. En un mot tous les ingrédients pour faire des combats dynamiques à la Devil May Cry. Hélas, les ennemis se téléportent et entourent avec une extrême facilité le Prince pour le passer à tabac, ou pire s’en prennent à Farah obligeant le Prince à prendre tous les risques pour la secourir. Si j’évoque encore les soucis de ciblages d’ennemis ou les caméras agitées du grelot qui en plein milieu d’une passe d’armes partent aux fraises, vous comprendrez très vite qu’il y a des moments où l’envie de s’en prendre à l’intégrité matérielle de votre manette sera difficilement maîtrisable.

DUREE DE VIE
3
Le défaut majeur du jeu : pas plus d’une dizaine d’heures au compteur. Dur lorsqu’on est pris par l’ambiance. Il est à regretter que les développeurs n’aient pas bridé l’utilisation de la Dague du Temps. En effet vers la fin du jeu, avec 8 doses de sables du temps, l’aventure ressemble plus à un parcours de santé pour retraités, qu’à une folle équipée pour sauver l’Orient des mains d’un Vizir aussi sympathique qu’un lavement au Kärsher. A regretter également les visions à chaque point de sauvegarde, véritables tueuses de difficulté.

SON
3
Les musiques, trop rares sont somptueuses, parfaitement dans l’ambiance contes des mille et une nuits, mention spéciale pour le générique de fin, absolument splendide.
En revanche au niveau des bruitages, pas de quoi passer au broyeur à bois le yorkshire de Tata Alice. Plaisants sans plus, ils tournent au ridicule lors des combats.
Néanmoins, le doublage français est excellent grâce à un superbe travail d’acteur et une fois n’est pas coutume, bien meilleur que celui réalisé dans la langue des Rolling Stones (belle analogie non ?) surjoué, sans âme.

ACCESSIBILITE
5
La piste audio française, bien meilleure que l’anglaise, j’insiste mais c’est assez rare pour être noté, permet une totale et pleine accessibilité au jeu.

LES +LES -
+ L’ambiance !
+ L’animation !
+ Les graphismes !
+ Le level design !
- La durée de vie !
- La difficulté !
- Les combats !

VERDICT
9

J’ai vu avec scepticisme le retour du Grand PoP. Ayant eu l’occasion de m’adonner à une des premières versions à une époque où j’usais mes mimines sur le pad de ma NES à Mario Bros, le jeu ne m’avait pas laissé un souvenir mémorable. Bien élevé, j’avais feint l’émerveillement avec une mauvaise foi (qui aujourd’hui encore provoque une admiration indéfectible et sismique, mais respectueuse, de la part de mes petits camarades) les yeux plissés dans une jubilation silencieuse qui toisait de haut en bas cela va sans dire mais c’est mieux en l’écrivant mon naïf interlocuteur. Il allait de soit que l’arrivée de la 3D n’allait pas révolutionner un concept que je trouvais éculé et dépassé. Une fois n’est pas coutume, j’ai eu tort. Dès les premiers instants de jeu, je voyais en ce Prince de Perse un hit en puissance. Le principe de base n’est pas nouveau, un jeu de plateforme reste un jeu de plateforme, mais la beauté du soft, le choix de narration surprenant, la jouabilité d’une simplicité enfantine transcendent le "je saute de plateforme en plateforme, en évitant les pièges retors, pour sauver ma dulcinée". Et le scénario n’est pas en reste, l’intrigue un peu plus complexe qu’un sauvetage de princesse trop naïve pour ne pas se laisser enlever par un odieux sultan, s’installe lentement et entraîne le joueur vers un dénouement à la fois surprenant et prévisible (avec du recul, il ne pouvait en être autrement !). Et puis, quel plaisir d’entendre le Prince lancer un "Je continue ?" lorsque le joueur décide de faire une pause. On devient l’interlocuteur privilégié de ce Prince oriental à la manière d’un Stéphane BERNE des mille et une nuits.

Prince of Persia Les Sables du Temps est un peu comme un jeu de Fumito UEDA avec cette touche occidentalisante à la UBISOFT. L’analogie avec Ico, et dans une moindre mesure avec Shadow of the Colossus est indéniable, rassurez-vous, je ne me lancerai pas dans la défense du frame rate poétique. Beau, aux effets de lumière splendides, grandiose de part son level design, au palais grandiloquent, innovant grâce à son concept de "Dague du Temps", un modèle à suivre. Là où d’autres jeux rivalisent d’ajouts superflus pour ce différencier de la masse, Prince of Persia se permet le luxe d’intégrer ses défauts dans une cohérence artistique au service d’un objectif, remettre le Prince de Perse sur son trône. Et force est de constater que la mission est parfaitement remplie !


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