Voilà une cartouche que tout fan éclairé de SNK et de sa Neo Geo sait être le Saint Graal d’une collection ! La version japonaise, très rare, se monnaie aux alentours des 750 Euros... rien que ça ! La version américaine, pour laquelle certains iraient jusqu’à vendre un rein, en plus d’être extrêmement rare... limite introuvable, voit sa cote grimper vers des 1500 Euros... une fortune !!! Fort heureusement, le format MVS reste infiniment plus abordable avec des kits complets à 80~100 Euros selon l’état. La cartouche en loose ne vous coûtera guère plus d’une trentaine d’Euros. Le jeu sur Neo Geo CD est, lui aussi, assez rare mais se trouve assez facilement sur les sites d’enchères et dans toutes les bonnes boutiques d’import pour la bagatelle de 50 Euros, tout au plus !
Le jeu est également sorti sur PlayStation2, PSP et Wii dans la compilation "SNK Arcade Classics vol.1". Il s’agit du premier titre développé par NAZCA sur Neo Geo. Tout comme Metal Slug, Ultimate 11, Over Top, Ninja Masters ou encore Super Tag Battle, Neo Turf Masters fait partie de ces jeux millésimés "1996" extrêmement rares sur Neo Geo.
En ce pluvieux mois de février, me voilà pris d’un désir irrépressible de tester des jeux, oldies et newbies sans distinction aucune. L’inspiration s’est emparée de moi et me pousse vers la prose. Et quoi de plus fertile comme terrain pour l’imagination que les textes déjà écrits ? Aussi, en me baladant au hasard des articles et dossiers éclectiques (bientôt accessibles) de Legendary Games, j’eus une révélation. Comment avais-je pu ne pas parler de Neo Turf Masters alias Big Tournament Golf alors qu’ H.S. nous avait déjà gratifié d’un test dont il a le secret de l’immense daube qu’est Top Player’s Golf. Anicroche, oubli bien involontaire que je me charge de combler.
Neo Turf Masters n’a rien à voir avec tous ces jeux bien violents qui font tant peur à Tata Alice quand elle est de passage. Pas de SWAT surarmés dans une cabane de forêt aux couloirs étroits et sombres, pas de décapitations sanguinolentes ou de boyaux éparpillés façon puzzle dans une chambre d’enfant, que du vert, du blanc et de la bonne humeur, le bonheur fait 1 et 0 qui donne envie de sourire comme la guest star lors de la présentation d’un épisode de la "Croisière s’amuse". Fun et beau, à la prise en main immédiate, Neo Turf Masters est le symbole même des jeux made-in SNK que pleurent encore des millions de fans ! Au-delà de ce verdict élogieux, Neo Turf Masters fait parti de ces hits pour lesquels une divine alchimie s’opère, laissant à la fin d’une partie, le gamer surpris de voir naître des envies qu’il ignorait, je m’explique : En zappant, je suis tombé par hasard, il y a peu, sur une émission de radio qui traitait des derniers blockbusters vidéoludiques. Géraldine, la charmante animatrice, tout juste sortie de son école de journalisme a eu cette question lumineuse à propos de Pro Evolution Soccer 6 : "Mais Luc, ne pensez-vous pas justement que devant un tel réalisme, on ne préfère pas rester enfermé chez soi plutôt que de sortir et jouer réellement au foot ?"... ah... oui, je ne vous ai pas prévenu que c’était du grandiose, désolé ! Pour arriver à de tels sommets de connerie, il faut être équipé : emmener des sherpas, des bouteilles d’oxygène. Bref, en entendant cette question une chanson de Pink Floyd a du venir à l’esprit de Luc "Hello is there anybody out there ?" et David Bowie de rajouter, "Ground Control to Major Tom". Après un long moment de silence, le temps qu’il se remette de la profondeur de la question, il a fait mentir ce fameux proverbe de Confucius : "Quand femme poser des questions de gourdasse, homme répondre avec finesse de mammouth", et lui indiqua que cela n’avait rien à voir, qu’il fallait aimer le foot pour jouer à PES 6 et que pour tout amoureux du ballon rond qui se respecte, rien ne vaut une partie entre copains. Ahhhhhh, le golf ! Vous avez déjà essayé de suivre la trajectoire de la balle ? Inutile... elle disparaît presque immédiatement ! Rien d’étonnant ce n’est après tout qu’une petite sphère filant à près de 160 km/h à plusieurs centaine de mètres. Une prouesse visuelle digne d’un faucon ! Les golfeurs eux le peuvent ! La plupart sont incapables de lire un panneau sur une autoroute, mais ils arriveraient à suivre la trajectoire de la balle de golf à travers plusieurs systèmes solaires. C’est bizarre le golf. Les parcours grouillent de fans silencieux, même si fans n’est pas le mot adéquat. Dévots est plus proche de la réalité. Il y règne une atmosphère éthérée, un respect général fait de murmures révérencieux, de regards écarquillés. Chaque fois qu’une balle est frappée, la réaction du public tient de l’orgasme discret, les gens s’enthousiasment et, s’extasient et encouragent "à voix basse" bien souvent la baballe avec l’ardeur de participants de la Roue de la Fortune : "vas-y... oui c’est ça... presque... encore un peu... stop !". Ils se lamentent sur un hook facile, un putt minuscule, le green trop lisse ou pas assez glissant. Ils admirent le golfeur qui réussit à se dépêtrer d’un bunker au sale collant, ou encore accusent le golfeur qui d’un putt n’atteint pas le trou de frapper la balle "avec un sac à main". Grâce à Neo Turf Masters et son atmosphère si particulière, une sorte de soleil en majesté dans un ciel d’un bleu immaculé et cette ambiance d’été qui embaume comme la chevelure de votre bien-aimée ; on se sent plus proche du Saint Graal des golfeurs. Je peux imaginer les parcours vidés de tous ses acteurs, la paix et la tranquillité du lieu, cette même aura qui doit attirer les moines bouddhistes dans des retraites au sommet des montagnes, l’herbe drue et soigneusement taillée, si belle et verte que Dieu Lui-même aurait envie d’y courir pieds nus. Cela ne signifie nullement que je suis entré dans le cercle des passionnés de la petite balle blanche, je reste un non croyant devenu fervent, mais pendant un bref moment, le temps d’une partie, je suis capable d’imaginer ce qui dans ce sport captive et absorbe tant de gens et le désir de taquiner la petite balle blanche alvéolée dans la réalité me prend. Comme quoi ma chère Géraldine, le jeu vidéo n’enferme pas le gamer dans une grande chambre sombre éclairée par la seule lumière vacillante d’un écran de télé, mais peut bel et bien donner envie de découvrir de nouveaux horizons !