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7 Le beat’em all est un de mes genres préférés. Symbole, à mes yeux, de l’arcade des années 90, il a permis à bon nombre de développeurs de sortir de l’ombre et de se faire un nom sur une scène vidéoludique encore bien jeune. Double Dragon, Vigilante, Final Fight sont autant de jeux aujourd’hui entrés dans la légende. Sur Neo Geo, pourtant starlette très en vue à l’époque, le genre est assez peu représenté... ou plutôt assez peu "bien" représenté. Ninja Combat, Burning Fight, Eightman ou encore Sengoku Densyo n’avaient pas vraiment marqué les esprits, malgré quelques qualités remarquables pour certains ! Seul Robo Army semblait parvenir à s’extirper de la fange. C’est dans ce contexte qu’arrivait, en 1992, Mutation Nation !
Attention, madeleine de Proust en vue ! Ce jeu fait partie, à mon sens, des meilleurs beat’em all de la Neo Geo aux côtés de Robo Army et Sengoku Densyo 2001 (même si le 2 est également très bon). Je me souviens très bien des tests, souvent en demi-teinte, parus dans notre chère presse spécialisée d’alors et qui ressemblaient souvent à du "Mouais... bof... encore un beat’em all sur Neo Geo...". Nos bons vieux testeurs pouvaient sans doute pratiquer la Neo Geo à loisir, le commun des mortels auquel j’appartenais (tout comme mes petits camarades), lui, devait se contenter de Final Fight sur Super Nintendo ou Streets Of Rage sur Mega Drive pour les plus chanceux ! Autant dire que le fossé qui nous séparait de Mutation Nation était pour le moins abyssal et je garde de cette période pleins de bons souvenirs... de frustration ! Cette époque est désormais révolue et j’ai eu l’occasion, depuis, de retourner Mutation Nation dans tous les sens ! Et donc, aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? Je dirai un bon vieux beat’em all des familles, caractéristique de cette époque, cet âge d’or "16-bits". Visuellement, le jeu assure encore le spectacle, contrairement à beaucoup de ses petits frères sur Neo Geo qui ont malheureusement beaucoup moins bien vieilli que lui. La bande sonore correspond parfaitement à ce qu’on attend d’un jeu Neo Geo du début des années 90 : une poignée de thèmes bien sentis et beaucoup de bruits tout autour ! Stick en main, on se rend compte que le soft est vraiment très simple d’accès avec uniquement deux boutons à gérer (C et D ne sont pas utilisés) dont un bouton d’attaque qui permet d’utiliser toute la panoplie de coups à disposition : combo de base, combo aérien, combo rapide, coups sautés, prise au corps à corps et uppercut. Et enfin, les attaques spéciales, les furies... appelez-ça comme vous voulez ! Ces bonus sous forme de lettres (A, B, C ou D), limités à 5 au maximum, vous permettent, une fois une jauge chargée en maintenant A, de déchaîner les Enfers. Sans bonus en votre possession, il sera malgré tout possible de déclencher un "death blow" propre à chacun des deux combattants en échange, cette fois, de 2 points de vie. Comme vous pouvez le constater, il y a vraiment de quoi faire dans ce Mutation Nation !
"HEAR (sic) IS YOUR GRAVEYARD"
Cependant, malgré tout ça, on constate, ulcéré, que le jeu souffre d’un test collision complètement loufoque ainsi que des choix parfois étranges. Pourquoi, par exemple et à l’instar de Robo Army, ne pas avoir laissé le choix de votre personnage en mode 1P ? Pourquoi avoir tellement restreint l’aire de jeu quand les sprites sont si grands ? Pourquoi ne avoir inclus des objets ou des armes à ramasser... voire même des éléments du décor à détruire ? Pourquoi ne pas avoir utilisé C pour déclencher les attaques spéciales et garder le principe de charge pour le "death blow" ? Les attaques spéciales sont très efficaces mais demandent une utilisation pas très instinctive dans la mesure où il faut les charger (impossible donc de s’en servir comme d’une smart bomb, par exemple), généralement quand la situation tourne à notre désavantage – c’est-à-dire submergé d’ennemis – et surtout dans une aire de jeu toute petite envahie par des sprites immenses (et rapides) qui fondent sur vous comme des pitbulls en rut sur le yorkshire de Tata Alice. Cette utilisation est d’autant plus frustrante qu’une fois la jauge chargée, elle ne le reste que quelques secondes et que votre avatar reste, lui, cloué au sol ! Je ne parlerai même pas de cette barre de vie qui fond comme neige au soleil, et que de très rares et insignifiants bonus parviennent parfois à recharger de façon tellement dérisoire au vu des dégâts occasionnés par vos adversaires : je pense que c’est le côté rentabilité de l’arcade qui veut cela... difficile donc d’en parler comme d’un vrai défaut ! Et enfin que dire de ce test collision estampillé "Foire du Trône" ? Alors, bien entendu, après quelques minutes de jeu, on s’y fait somme toute facilement, mais pourtant il subsiste quelques passages, généralement des affrontements de boss, où la fantaisie des hitbox prend une dimension carrément tragique. Le boss du 5ème stage, par exemple, avec son double maléfique en lévitation et sa ceinture d’astéroïdes me vient immédiatement à l’esprit. Tout comme ce 6ème niveau et ses duos de boss qui parviennent sans trop de problèmes à vous coincer dans un coin (drôle d’expression) et vider votre barre de vie sans que vous ne puissiez faire quoique ce soit (l’attaque spéciale façon smart bomb aurait été bien utile), si ce n’est mourir, bien entendu !
"FUCKIN’ FIRE CROTCH FRECKLY PIECE OF SHIT" comme dirait l’aut’ là !
Mais en dépit de toutes ces questions auxquelles je n’aurai sans doute jamais de réponses, vous savez quoi ? Mutation Nation est un jeu que j’adore ! Longtemps considéré, dans ma prime jeunesse, comme l’inaccessible méga-hit et frustré que j’étais de devoir me contenter des captures d’écrans dans les pages de nos magazines préférés ou de fugaces reportages dans les Micro Kids et autre Télévisator 2, le jeu jouit néanmoins auprès de moi d’un capital sympathie que je ne m’explique toujours pas ! Il a de ce fait rejoint ma collection il y a une dizaine d’années maintenant. J’y joue encore assez régulièrement et malgré le temps qui passe, je suis toujours surpris par son ambiance, ses graphismes et le fun qu’il procure. Le jeu a vieilli, c’est certain. Comparé aux ténors du genre, issus pour la plupart de la 2ème moitié des années 90, il a cette touche un peu kitsch mais finalement tellement attachante qui fait qu’on s’y replonge bien volontiers... et en parfaite connaissance de cause. Tiens, du coup, j’me ferai bien une petite partie de Two Crude Dudes sur Mega Drive o_Ô !
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