La version américaine de Magician Lord est courante, comptez environ 45~50 Euros... Il sera même encore possible de mettre la main sur des copies neuves (essentiellement des versions européennes). La version japonaise sensiblement moins courante voit, quant à elle, son prix grimper d’année en année : comptez actuellement environ 90 Euros pour une copie bien conservée. Comme toujours, la première édition en boîte cartonnée est plus difficile à trouver et va chercher dans les 150 Euros. Les kits MVS, peu importe leur origine, se monnaient, complets, aux alentours des 100 Euros. Et la version Neo Geo CD ne devrait guère vous coûter plus de 35 Euros pour une copie complète en bon état !
La première édition AES japonaise était en boîte cartonnée. Le jeu est également sorti sur PlayStation2, PSP et Wii dans la compilation "SNK Arcade Classics vol.1". Il existe deux versions ("set") du jeu. La première, identique à l’arcade (vraisemblablement celle en boîte cartonnée), sans intro et avec 4 (2+2) points de vie. Elta reprend là où il est mort ("respawn"). Le seconde (celle de 1991) comporte une introduction et offre 6 (3+3) points de vie. Elta recommence à divers check-points à travers le niveau. La version Neo Geo CD, enfin, comporte l’introduction, 5 (3+2) points de vie et le "respawn".
Il y a bien longtemps, à Cadacis, un héros mit fin aux agissements de Gal Agiese et de son armée de démons qui cherchèrent à réveiller le terrible Az Artose, un dieu malfaisant. Scellés par l’entremise de huit grimoires, ces fielleux semblaient appartenir au passé et le jeune héros entra dans la légende sous le nom de "Magician Lord". Après toutes ces années, Gal Agiese parvint pourtant à briser le sceau et s’emparer des huit ouvrages magiques. La menace d’Az Artose pèse à nouveau sur la contrée de Cadicis dont le seul espoir semble être ce jeune apprenti magicien du nom de Elta, descendant de la lignée du Magician Lord.
Débarquée en grande pompe chez nous sur le marché domestique dès 1991, la Neo Geo était alors accompagnée d’une poignée "d’embassadeurs" : Baseball Stars Professional, NAM-1975 ou encore Cyber-Lip. Pourtant, s’il y avait, à cette époque, un jeu parfaitement indissociable de la machine, c’était bel et bien Magician Lord ! Proposant des graphismes époustouflants, une bande sonore haut de gamme et une difficulté (on parlait alors davantage de durée de vie) enfin à la hauteur des 1290 francs (196 €) nécessaires à son acquisition ! Cependant, après quelques minutes passées en sa compagnie, le joueur un minimum lucide avait vite compris que Magician Lord devait, et dès sa conception, remplir deux objectifs bien distincts... Vous faire glisser un nombre sans fin de pièces dans la fente de nos chères bornes d’arcade si vous teniez un tant soit peu à avancer dans le jeu et... vous e.x.a.s.p.é.r.e.r. comme jamais ! Une chose est sûre : mission accomplie !!! La réputation de "quarter-muncher" (litt. "bouffeur de pièces") de Magician Lord n’est plus à faire... De même que sa difficulté quasi surhumaine aura certainement poussé de nombreux gamers, frustrés à vie, à une reconversion... dans les mots fléchés, sans doute. "C’EST VRAIMENT TROP INZUSTE" (©1963 CALIMERO) De nos jours, notamment grâce à la Neo Geo, plusieurs compilations sorties sur diverses plate-formes et, de façon plus obscure, aux émulateurs, il n’est aujourd’hui plus question d’introduire quelque pièce que se soit. Pourtant, Magician Lord parvient toujours à énerver, à mettre hors de lui le joueur pourtant venu en paix s’essayer à ce soft qui a largement contribué à la réputation de Rolls-Royce des consoles de la Neo Geo ! Mon avis ? Au-delà d’une jouabilité tout juste limite qui ne permet pas de faire face au challenge proposé, il s’agit davantage d’une difficulté exagérée, certes, mais surtout parfaitement injuste. Le sprite de Elta est immense – son masque de collision semble d’ailleurs l’être encore plus – il est lent, pas très souple et son tir de base est juste ridicule : une salve de deux projectiles, pas bien rapides et qui, bien que de nature visiblement magique, disparaissent au moindre obstacle ! Vos adversaires, eux, sont vifs comme l’éclair, leurs tirs vous visent VOUS – et avec la précision d’un sniper yougoslave, s’il vous plait ! – et traversent (comme les ennemis d’ailleurs !) les murs, les plafonds et même les sols ! Alors c’est sûr qu’au niveau de la programmation, ça simplifie pas mal les choses et du coup, les gars de chez Alpha n’ont pas eu à trop se prendre la tête : c’est bien simple, les ennemis mobiles ignorent la structure des décors... voilà, c’est dit ! Car non seulement ils jouent les passe-muraille, mais en plus ils ne craignent ni le feu ni les piques acérés des pièges ! Mais ce n’est pas tout, car en plus des situations "orchestrées" propres à chaque jeu, Magician Lord distille, à la manière d’un Ghosts’N Goblins, quelques scripts aléatoires pas piqués des hannetons ! Et paf, un escadrons de méchants, en bonus, juste comme ça, pour le plaisir ; mais le problème c’est que le joueur est déjà bien débordé, occupé qu’il est à composer tant bien que mal avec des plateformes mobiles et tout un tas d’ennemis bien coriaces... Et si vous pensiez qu’en avançant avec précaution dans les niveaux, vous alliez mieux vous en sortir, oubliez cette option dès maintenant, puisqu’il semblerait que ces "escadrons de la muerte" soient attirés par les magiciens qui lambinent comme des papillons par une flamme. Vous pensiez aussi qu’en fouillant minutieusement chaque niveau pour en récolter les bonus (orbes, points...) vous vous faciliteriez la tâche, là encore, proscrivez cette approche puisqu’il existe un timer (invisible sur console) au bout duquel une créature qui semble tout droit sortir de Metroid viendra irrémédiablement mettre un terme aux agissements de votre héros ! Vous l’aurez compris, plus qu’une course contre la montre, Magician Lord est avant tout un chemin de croix que peu de joueurs ont arpenté le sourire aux lèvres ! LÁ OÚ Y’A D’LA GÊNE, Y’A PAS D’PLAISIR Pourtant... j’avoue avoir pris un certain plaisir à parcourir le jeu. Certes, un niveau à la fois (voire deux quand je tenais une forme olympique) et sans me presser. Je progressais dans Magician Lord... lentement mais sûrement et avec l’aide de ma précieuse Memory Card. Je persévérais, je tenais bon et ne lâchais rien ! C’est étrange, car je pensais que cette obstination, en tant que joueur, m’avait définitivement quittée ; vous savez le "ch’uis trop vieux pour ces conneries" ! Pourtant, je suis presque certain d’être moins adroit aujourd’hui que je ne l’ai été dans le passé... et malgré tout, je suis venu à bout de Magician Lord ; bon, il m’a fallu une bonne semaine, c’est vrai ! Alors quoi ? Pour moi, cette difficulté s’est rapidement transformée en "addiction", chose des plus inhabituelles pour qui me connaît. Je DEVAIS finir le jeu. Il est cheap... et bien soyez encore plus cheap que lui ! Le joueur a au moins cet avantage de pouvoir aborder le soft de diverses manières. Bref, essayez de nouvelles approches, avec d’autres transformations par exemple. Mémorisez certains passages retors. Et surtout observez ! Tenter de trouver une faille dans cette difficulté. Et là... la lumière ! Sans pour autant aller jusqu’à dire que le jeu en est devenu facile – il faut quand même un petit peu de chance – je suis parvenu à le "one-crédité", en Normal, en une dizaine de jours... chose improbable et impensable quelques jours auparavant où j’ai bien failli défenestrer le stick, la cartouche... ainsi que la console dans laquelle elle était enfichée et ce, au cinquième stage (souvenez-vous, celui des grenouilles) ! J’ai mis la main sur ma cartouche de Magician Lord tout récemment. Cette acquisition, faite dans une optique de collectionnite aigue, m’aura pourtant donner l’occasion de rebrancher ma Neo Geo (et ça, ça fait toujours plaisir) et de me frotter à un titre mythique de sa ludothèque. J’ai abordé le jeu avec tous les préjugés qu’on pouvait avoir le concernant : soft emblématique de la Neo Geo et facture technique de haut niveau MAIS maniabilité exécrable et difficulté surhumaine. Les rares occasions où j’ai pu m’y essayer par le passé (arcade et émulation) ne faisaient que conforter l’idée que j’en avais : celle d’un jeu définitivement hors de portée du grand public et qui ne conviendrait qu’aux masochistes endurcis, ceux qui aiment avoir mal... très mal ! Toutefois, et bien que je n’appartienne pas à cette catégorie de personne, Magician Lord est parvenu à me faire changer d’avis à son sujet en me charmant littéralement et ce, plus de 20 ans après sa sortie. Sérieux... si ça c’est pas du sex-appeal vidéoludique !?!? P.S. : Pour des raisons de santé mentale de l’auteur, aucune capture d’écran ne mettant en scène les fameuses "grenouilles" ne figurera dans la galerie. Merci de votre compréhension !