LAST RESORT
"SCRAMBLE TO SHOOTING WORLD !"
DATABASE
TITRE ORIGINAL LAST RESORT
GENRE: UNIT SHOOTING GAME
DEVELOPPEUR: SNK
MACHINE: NEO GEO
ANNEE: 1992
JOUEUR(S): 2
DIFFICULTE: 4 NIVEAUX DE DIFFICULTE
SAUVEGARDE: MEMORY CARD
MEDIA: CARTOUCHE (ROM)
TAILLE DU JEU: 45 MEGS
REFERENCE: NGH-024
DATE DE SORTIE: 23/03/1992 (MVS)
24/04/1992 (AES)
09/09/1994 (CD)
PRIX A SA SORTIE: ¥36,000 (MVS)
¥22,800 (AES)
¥5,800 (CD)
BOITE: OLD-STYLE

COTE

Le jeu reste étonnamment prisé des joueurs et des collectionneurs. Les versions Dog-tag et Euro semblent plus rares et donc plus chères : au moins 200 Euros seront nécessaires à leur acquisition. La version japonaise n’est pas en reste puisque 170 à 200 Euros seront à dépenser pour mettre la main dessus.
Sur Neo Geo CD, le jeu est beaucoup plus courant et abordable : entre 25 et 30 Euros pour un exemplaire d’occasion complet et en bon état.
Les amoureux du MVS seront chagrins car c’est sans doute sur ce support que le jeu reste le plus difficile à trouver : toutefois, il semblerait que 100 Euros pour une cartouche loose soient un maximum. Les kits complets, bien sûr, voient ce prix multiplié par 2... voire 2,5 !


BON A SAVOIR

Le jeu est également sorti sur PlayStation2, PSP et Wii dans la compilation "SNK Arcade Classics vol.1". Il est également disponible en téléchargement sur la console virtuelle de la Wii.
Last Resort a obtenu le "TILT d’Argent" (TILT n°109, H.S Consoles+ - Décembre 1992) juste derrière Gate of Thunder sur PC-Engine CD-ROM² (TILT d’Or) et devant Axelay sur Super Famicom qui occupe la troisième marche du podium.
SNK, sous le label PONY CANYON / SCITRON, a sorti un album de l’OST du jeu : GAROU DENSETSU / LAST RESORT (PCCB-00087).


TEST

SYNOPSIS

Dans un futur proche, l’humanité est parvenue à créer un monde utopique basé sur l’industrialisation et l’expansion... Mais cela n’allait pas durer ! La politique et la soif de pouvoir ont rapidement corrompu nos dirigeants : c’était le début du déclin. Des envahisseurs venus d’autres mondes ont alors saisi cette occasion pour détruire notre civilisation. La plupart des grandes capitales furent réduites en cendres et seules quelques rares colonies humaines subsistèrent. La résistance s’organisa. Ainsi, c’est à bord des chasseurs TZ-024 et YS-024 qu’une poignée de combattants se rendrait en territoire ennemi afin de défaire l’envahisseur et sauver notre monde. Ils sont notre dernier espoir !


PRESENTATION
3
Elle est aussi sobre que définitivement classieuse ; l’effet sonore qui l’accompagne est à vous glacer le sang ! On regrettera simplement qu’aucune bribe de scénario de soit portée à la connaissance du joueur… hormis par le biais du manuel d’utilisation ! Ce dernier reste malheureusement en noir et blanc... et en japonais en ce qui me concerne. Le "How To Play" est soigné (bien qu’incomplet... comme toujours !) et l’unique introduction, celle du premier stage, donne le ton : on est sur Neo Geo... et ça rigole plus !
Les jaquettes américaine ou européenne sont identiques (mis à part le logo, bien entendu) mais reste très loin derrière sont homologue nippone, surtout en ce qui concerne le dos du boîtier !

GRAPHISMES
4
Après deux années de tâtonnements, il semble évident que les graphistes de SNK arrivent enfin à maturité ! Le jeu est visuellement splendide ! L’ambiance post-apocalyptique est superbement rendue, grâce notamment à Akira, dont l’inspiration est ici plus qu’évidente : pour les deux premiers niveaux, la filiation avec le long-métrage de Katsuhiro OTOMO est indéniable... et donne, d’entrée de jeu, un cachet incroyable au titre de SNK ! Les décors sont magnifiques, les détails légion (aahh, les pilotes qui tombent en tournoyant des appareils que vous aurez abattus...) et les boss gigantesques pour la plupart. Les couleurs sont choisies avec soin et le style – dit "IREM post-apocalyptic" – fait ici ses premiers pas sur Neo Geo. Que du bonheur !

ANIMATION
3
Du travail d’orfèvre... globalement ! Á l’image des graphismes, l’animation a également bénéficié d’un soucis du détail assez peu commun. Toutefois, des ralentissements viendront sporadiquement entacher l’expérience de jeu, surtout en mode 2P. Rien de rédhibitoire, rassurez-vous, bien au contraire puisqu’ils permettent bien souvent au(x) joueur(s) de se tirer de mauvais pas ! Il s’agit là clairement du talon d’Achille du jeu !

JOUABILITE
4
Absolument jouissive ! Le "How To Play" se chargera de vous apprendre les rudiments du maniement de votre engin (pas de mauvais esprit, svp !). Au joueur ensuite de composer avec les trois types d’armes à disposition : le laser, les missiles homing ou anti-ground... ainsi qu’un bonus de vitesse (et un malus... prenez garde !) et un module dont l’utilisation vous semblera évidente passées quelques minutes de jeu !
Á l’instar du mythique R-Type, le module endosse un rôle aussi bien défensif qu’offensif. En effet, le bouton B permet de fixer ou relâcher le fameux module : libre au joueur de le placer où bon lui semble autour du vaisseau. S’il décide de le laisser mobile, ce dernier décrira alors des mouvements opposés aux directions imprimées sur le stick. Quoiqu’il en soit, le module vous servira de bouclier contre les tirs ennemis... voire même les ennemis tout court... les moins puissants. Ensuite, en maintenant A, il sera possible de le "charger" (ce chargement est accompagné d’un effet sonore à jamais gravé dans ma mémoire !) et de le précipiter à travers l’écran contre vos ennemis. Enfin, une fois chargé et lancé, lorsque votre module rencontrera une paroi, selon la couleur du bonus d’arme ramassé, il la longera (rouge) ou rebondira (bleu) sur cette dernière : cet aspect stratégique sera décisif lors de certains passages plutôt ardu !

DUREE DE VIE
3
Cinq niveaux semés d’embûches en tout genre, des boss retors... bref, il y a de quoi faire ! Le mode 1P peut se montrer assez frustrant, la faute à un système de check-point vous obligeant à recommencer au début ou au milieu du stage ! Le mode 2P atténue la difficulté bien qu’il sera nécessaire de parcourir le jeu deux fois d’affilée pour en voir la "vraie" fin ! Comme toujours, compte tenu du prix de la cartouche, la Memory Card restera bien sagement dans son étui !

SON
5
Du grand art ! Ni plus, ni moins ! SNK a soigné son shoot comme s’il devait être le dernier. Le thème de chaque stage est parfaitement adapté et superbement mis en œuvre ! Bref, de la Neo Geo dans toute sa splendeur ! Notez que la Shinsekai est même allée jusqu’à composer un thème différent pour chaque boss de fin de niveau ! Du jamais vu... enfin, du jamais entendu !
Au niveau des bruitages, là aussi, la Neo Geo fait montre de toute sa puissance ! Entre explosions et tirs, vos esgourdes seront aux anges. Mention spéciale pour ce bruit caractéristique lors du chargement de votre module... j’en frémis encore ^_^ !
Plus de détails...

ACCESSIBILITE
4
Facile à prendre en main et rapidement plaisant à jouer, Last Resort n’en demeure pas moins un jeu particulièrement difficile et exigeant ! Au joueur de faire preuve du talent nécessaire pour venir à bout des hordes d’envahisseurs ! Bien entendu, à deux ce challenge s’adoucie un peu... et laisse du coup la place à un véritable travail de coopération !

LES +LES -
+ Graphismes somptueux !
+ Ambiance post-apocalyptique réussie !
+ Bande sonore grandiose !
+ Jouabilité au poil !
+ Mode 2P !
- Quelques ralentissements par moment !
- Système de check-point d’un autre temps !
- Un ou deux niveaux en plus ?
- Cote qui monte... qui monte !

VERDICT
9

Jamais deux sans trois ! C’est ce que dit le dicton. Pourtant, sur Neo Geo tout ne se passe pas toujours comme prévu. Ainsi, après un Alpha Mission II tout juste sympathique (mais pétrit de bonnes idées) et un Ghost Pilots globalement décevant, on s’attendait à une troisième itération en demi-teinte. Et bien que nenni ! Last Resort allait enfin permettre à la Neo Geo de rayonner comme il se devait dans le domaine du shoot’em up. L’euphorie, en revanche, sera de courte durée puisqu’un certain Andro Dunos lui emboîtera le pas 3 mois plus tard... mais ça, c’est un autre problème !

Ce Last Resort, c’est sûr, a une saveur toute particulière. Pour ma part, je parlerai de "jeu de la maturité". Finis les scénarios cul-cul-la-praline, terminé le design flashy tendance kitsch des toutes premières productions Neo Geo, exit les BGMs d’ascenseurs : la Neo Geo est une console de grand garçon et elle va s’empresser de nous le faire savoir ! Le background ? Un univers post-apocalyptique, largement inspiré du manga Akira, tout du moins durant les premiers niveaux. Au design ? Sans doute parmi les meilleurs graphistes qui officiaient dans le milieu à cette époque. SNK et IREM Corp. y auront recours à maintes reprises : Top Hunter, KOF’94, Undercover Cops, In the Hunt, GeoStorm puis, un peu plus tard, Metal Slug ou Neo Turf Masters... et la liste est loin d’être exhaustive ! Bref, du lourd... du très, très lourd ! Et la bande sonore ? Confiée comme d’habitude à la Shinsekai, on assiste toutefois à une espèce de "prise de conscience". La Rolls des consoles en a dans le ventre, et les compositeurs de chez SNK sont bourrés de talent. Alors pourquoi se satisfaire de petits thèmes "juste" sympathiques comme par le passé ? Du coup, on met les petits plats dans les grands et on passe à la vitesse supérieure ! De superbes thèmes, rondement menés et, c’est assez unique, il me semble, un thème différent pour chacun des boss qu’il faudra affronter ! Les thèmes ont d’ailleurs un nom et le Sound Test est présent dans le menu d’option, chose rarissime sinon carrément unique sur Neo Geo !

36-15 MY LIFE

N’y allons pas par quatre chemins : Last Resort est un de mes jeux fétiches sur Neo Geo (c’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai converti RaF aux shoot’em ups !). Vous savez, le genre de jeu pour lequel vous auriez tout donné afin d’y jouer ne serait-ce qu’une poignée de minutes. Et quand un jeu vous prend aux tripes de la sorte, on en garde forcément un souvenir ému... et qui généralement nous renvoie aussitôt à une époque et son contexte.
L’époque ? 1992, of course ! J’étais collégien (tout comme mes petits camarades) et les captures d’écran de Last Resort que nous auscultions à tour de rôle dans la cour de récré semblaient venir d’une autre galaxie vidéoludique que la notre : tellement de sprites, tellement de détails, tellement de couleurs ! Les commentaires de nos testeurs préférés confirmaient ce que nous "redoutions" : (...) LE shoot’em up de référence sur Neo Geo. Un des meilleurs toutes consoles confondues (...) et la note de 95% (Marc, Consoles+ n°10 – Juin 1992). Bref, à chacune de ses apparitions sur papier glacé, la Neo Geo asseyait un peu plus son statut de Rolls-Royce des consoles !
Le contexte ? Ben moi (forcément)... ma Game Gear... mon MasterGear Converter et une cartouche de R-Type (la version Master System, donc, pour celles et ceux qui ignorent ce qu’est le MasterGear Converter) ! FMR, plus chanceux, s’éclatait sur Thunder Force III (sur Mega Drive... faut vraiment tout vous dire ^_^) ! Bref, Last Resort n’avait pas beaucoup d’efforts à faire pour nous séduire, que dis-je, nous subjuguer ! Enfin, et surtout, c’est ce passage dans Micro Kids (il me semble), où, au-delà de l’image, on avait le son ! Voir d’aussi beaux sprites en mouvement était pour nous presque une bénédiction. Contempler tous ces détails auxquels nous n’aurions jamais pensé : la surface de l’eau animée par exemple... ou les pilotes ennemis qui s’éjectent une fois leur appareil abattu ! Mais surtout... surtout... ce son ! Woah ! Le passage en question montrait, en musique, le début du troisième stage dans lequel le joueur est confronté à un sous-marin ainsi qu’une nuée d’ennemis en vagues successives. On voyait le module fixé à l’avant du vaisseau, le joueur éliminant un groupe d’assaillants avant de voir le module, ce fameux module, décrire une rotation pour se placer sous le vaisseau avant de se charger ! Grand Dieu du ciel, ce bruit de "chargement" restera à jamais gravé dans ma mémoire ! Il suffisait ensuite d’attendre que le sous-marin refasse surface avant de lui lancer le module pleinement chargé à travers la gu***le ! Explosions en chaîne... il était défait ! C’était l’estocade ! Le sous-marin sombrait alors aux fonds de l’océan et moi, dans la folie ! Impossible de revenir sur R-Type après avoir vu ça ! Même Thunder Force III semblait soudain passablement fade.
Heureusement, le temps aura fait son œuvre : la folie s’est estompée (enfin, je crois... elle s’est estompée, hein les gars !?!?) et une Neo Geo CD a rejoint notre clan (cf dossier "Au pays... des Candy") quelques années après. Last Resort lui aura emboîté le pas assez rapidement ! Depuis sa sortie, de l’eau avait pourtant coulé sous les ponts, mais il avait toujours cette aura, cette prestance ! Tant et si bien que le jeu - tout comme Garou Densetsu Special et Samurai Spirits, entre autres – a été le porte-étendard de la Neo Geo CD, dont il a accompagné la sortie en septembre 1994. Seule différence notable avec la version cartouche : une bande sonore qualité CD, c’est-à-dire arrangée avec, cette fois-ci, de vrais instruments et tout et tout ! Pour faire simple, et en ce qui me concerne, Last Resort prend toute sa dimension sur Neo CD ! Un loading unique mais surtout cette bande sonore tout bonnement grandiose, et qui n’avait rien à envier aux ténors du genre sur PC-Engine CD-ROM² par exemple (oui, oui... je pense clairement à Lords of Thunder là !). Quelques années plus tard, collectionnite aiguë oblige, le jeu en version cartouche allait rejoindre ma modeste collection AES.

LES SHOOTS DE LEGENDE... C’EST COMME LE PORT-SALUT, C’EST MARQUÉ DESSUS !

Allez, on arrête là avec les anecdotes préhistoriques ! Plus sérieusement, que retenir de ce Last Resort aujourd’hui, presque 20 ans après sa sortie ? Tout d’abord un jeu qui n’a, visuellement, quasiment pas vieilli : les graphistes de l’époque nous ont gratifiés d’un travail d’orfèvres, et le temps ne semble avoir aucune emprise là-dessus : le style IREM, la variété et la finesse des décors, le soin apporté aux sprites et aux boss... tout concorde pour faire de Last Resort un soft intemporel ! Ensuite, le rythme du jeu est toujours d’actualité, certes bien loin des manics qui ont le quasi monopole de nos jours. Pour autant, les situations sont plutôt nombreuses et on alterne les passages "par cœur" avec d’autres plus orientés "skill pur" ou encore des "1 vs. 1"... Bref, on constate que dès 1992, le jeu était parfaitement calibré et totalement maîtrisé dans son rythme. Enfin... et surtout, il s’agit bien entendu d’une ambiance ! Les plus grands shoots, les plus mythiques, sont tous, sans exception, caractérisés par une ambiance hors du commun : Thunder Force, Axelay, Lords of Thunder, Radiant Silvergun, Blazing Star, Ikaruga, GigaWings 2 j’en passe – tellement – et des meilleurs ! Celle de Last Resort, c’est un monde post-apocalyptique, tout droit tiré du manga culte de OTOMO ! Et même après toutes ces années, je dois avouer que l’introduction du premier stage (la seule et unique... malheureusement !) avec sa route en pseudo-3D, le vaisseau qui arrive vers vous et son envol suivant un scrolling vertical à parallaxe laissant découvrir une mégapole que l’on reconnaît instantanément, me donne toujours autant de frissons.
Je pense avoir une bonne connaissance et une certaine expérience de la ludothèque de la Neo Geo, du coup, je considère ce Last Resort comme le meilleur shoot’em up "rapport qualité/prix" de la console. Je reconnais volontiers que Blazing Star, et éventuellement Pulstar, lui soient largement supérieurs, ils restent cependant financièrement hors de portée des joueurs ! Quel intérêt d’être le meilleur shoot d’une console et d’être pour ainsi dire inaccessible ? Last Resort, lui, et même s’il ne court pas les rues, reste assez facilement trouvable !

Pour moi, Last Resort fait partie de ces jeux parfaitement incontournables sur Neo Geo et totalement indissociables de la console de SNK comme le seraient les shoots de légende mentionnés plus haut de leur machine respective ! Et ce n’est donc pas un hasard si Last Resort me "transporte" littéralement à chaque partie ! C’est un sentiment vraiment bizarre, sans doute inhérent à la Rolls-Royce des consoles, et que je ne retrouve nulle part ailleurs. Alors oui, je suis peut-être un sale con nostalgique, un tantinet rêveur, mauvais public, et exigeant avec ça ! Pourtant, et malgré toutes ces années déjà écoulées, je remarque et me réjouit qu’il existe toujours, sur Neo Geo, des jeux qui ont du "rêve" à revendre. Last Resort fait indéniablement partie de ceux-là ! Et pour ça... merci SNK !


P.S. : Un grand merci à Sanjuro de 1UP pour m’avoir prêté la plupart des captures d’écran qui constituent la galerie.


Galerie
 
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