GITAROO MAN
"MUSIC TAMES THE SAVAGE BEAST..."
DATABASE
TITRE ORIGINAL GITAROO MAN
GENRE: RYTHM’N ACTION
DEVELOPPEUR: KOEI (iNiS)
MACHINE: PLAYSTATION 2
ANNEE: 2002
JOUEUR(S): 4
DIFFICULTE: NORMALE
SAUVEGARDE: MEMORY CARD (265 KB)
MEDIA: DVD-ROM
REFERENCE: SLPM-65012 (JAP)
SLPM-62062 (Trial Version)
SLPM-65160 (Reprint)
SLUS-20294 (USA)
DATE DE SORTIE: 21/06/2001 (JAP)
05/04/2001 (Trial Version)
05/07/2002 (Reprint)
18/02/2002 (USA)
21/06/2002 (EUR)
PRIX A SA SORTIE: ¥6,090 (JAP)
¥1,575 (Trial Version)
¥3,990 (Reprint)
$49.99 (USA)

COTE

Les versions japonaises, édition originale et ré-édition, commencent à dater et deviennent très difficiles à trouver. Les rares copies, ça et là, se vendent aux alentours des 60 Euros... Etrangement, la version "Trial", semble un peu plus facile à dégoter... mais une quarantaine d’Euros seront tout de même nécessaires à son acquisition.
Les versions américaine et européenne ont été pressées en faible quantité... cependant, on observe depuis quelques temps la réapparition de copies neuves aussi bien PAL qu’NTSC... pour des prix ma foi tout ce qu’il y a de plus correct : entre 35 et 40 Euros généralement. Pour la petite histoire, en août 2005, une enchère pour une copie US d’occasion a dépassé les 150 Euros !!!


BON A SAVOIR

KOEI, quelques semaines avant la sortie du jeu définitif, a mis en vente une "Trial Version", Gitaroo Man One, ne contenant que les tout premiers niveaux du jeu ainsi qu’un lot de cardass à l’effigie des personnages.
Personnages que l’on doit d’ailleurs à l’illustrateur japonais 326 (prononcer Sanjirô).
Fait assez rare pour être signalé : fort de son succès, le jeu n’a pas été ré-édité dans une quelconque collection mais a simplement été repressé. De plus, la jaquette de la ré-édition est identique à celle de l’édition originale, seule la référence change. L’année suivante, un autocollant "KOEI Summer Chance" a été rajouté sur la jaquette.
En Europe, Gitaroo Man est distribué par THQ.
KOEI, sous son propre label, a sorti un album de l’OST du jeu : "GITAROOMAN" ORIGINAL SOUNDTRACK (KECH-1190).


TEST

SYNOPSIS

Rien ne destinait U-1, votre héros, (je serai entrain de rédiger un commentaire de texte, je digresserai sur la symbolique de ce prénom ; littéralement You the One, ce prénom place le joueur au centre du processus créatif..., mais non je n’en ferai rien et vais éviter de tomber dans une nostalgie poussiéreuse de mes années lycée) à un destin hors du commun. Laid et pleurnichard, rejeté par la belle Pico, souffre douleur de Kazuya, skater local, rien ne laissait penser qu’il s’agissait là du dernier Gitaroo Man, capable de sauver la galaxie à l’aide de sa guitare légendaire. Heureusement que son fidèle compagnon à quatre pattes Puma, lui révèle sa destinée et lui enseigne les riffs psychiques, unique moyen de sauver l’univers de l’emprise de l’ignoble Zowie, (David c’est toi ???)


PRESENTATION
4
Sous le signe du décalage et du déjantage apologique de la culture bariolée J-pop, un pur moment de plaisir pour ceux qui aiment of course. Les cinématiques sympathiques dans le même esprit nipponisant font progresser entre chaque combat le scénario pourtant bien mince (plus près d’un épisode de "Pas de pitié pour les croissants" que d’un Night Shyamalan). L’ergonomie globale du soft est mignonnette, bien pensée et totalement dans l’esprit. La jaquette au comble du kitsch, complète le tableau, résolument orienté "japanese grand n’importe quoi".

GRAPHISMES
3
Mélange d’éléments 3D et de dessins 2D fortement japonisant eux aussi, Gitaroo Man est loin de mettre la PS2 sur les rotules. C’est mignon, étrange, ridicule, Puma le chien et le costume du héros en sont les parfaites illustrations, toutefois pas de quoi se flageller le prépuce avec des orties ! Les graphismes sont simplistes, la 3D minimaliste, mais le style inclassable entre le trait brouillon d’un étudiant recalé à l’examen d’entrée des Beaux-Arts et le mauvais goût assumé des années 70’, créent un univers décalé et déjanté qui colle parfaitement à cet ovni vidéoludique. Néanmoins, le joueur ne profite jamais réellement de la multitude de détails loufoques tant il doit se concentrer sur les indications qui apparaissent à l’écran.

ANIMATION
3
L’animation est à l’image des graphismes, c’est plus qu’honnête. Au vu des éléments "complexes" à afficher ça ne rame pas et aliase très peu. Le contraire aurait été inquiétant.

JOUABILITE
5
La vraie force du jeu n’est ni ses graphismes ni son animation, c’est sa jouabilité ! Le gameplay de Gitaroo Man est splendide ! Novateur, il s’articule autour de trois phases d’affrontement, l’objectif étant de vaincre l’adversaire grâce aux riffs et tappings psychiques. Toute fausse note, ou riffs débutés trop tôt ou trop tard et c’est le drame ! Si au contraire vous êtes un maître du rythme ils seront ponctués par des "GREAT", "GOOD" et autres "OK" importants pour décrocher la note maximum et débloquer foultitude d’items.

Phase 1 : CHARGE

Afin de pouvoir affronter dans les meilleures conditions possibles ses adversaires, le joueur doit remplir sa jauge de vie en interprétant les riffs de la ligne de guitare des morceaux musicaux. Pour ce faire, le joueur a à sa disposition un repère, un point bleu au milieu de l’écran. Une ligne verte se dirige vers ce point. Telle une portée, cette ligne supporte des barres oranges symbolisant les phrases qui correspondent aux riffs de la ligne de guitare à jouer. Appuyer sur le bouton adéquat lorsque la barre orangée et le bouton bleu se rencontrent, le maintenir enfoncé sur toute la longueur de la barre tout en suivant son tracé qui est fonction de la note jouée avec le stick analogique et relâcher pour redémarrer l’opération, remplira la jauge de vie, (je sais c’est un peu compliqué exprimé de cette manière, c’est pourquoi, je vous conseille d’aller jeter un œil aux captures d’écran).

Phase 2 : BATTLE

Plus classique dans son déroulement, cette phase correspond à l’interprétation musicale de votre adversaire. Des symboles correspondant aux boutons croix, carré, rond et triangle de la manette arrivent des 4 coins de l’écran au rythme des attaques psychiques de l’ennemi, qui rappelons le possèdent également, guitare, trompette et autres maracas magiques. Appuyer sur le bon bouton au moment où le symbole arrive au niveau du point bleu permet au joueur d’éviter de perdre de la vie. Il va de soi que le tout se joue rapidement et que les symboles arrivent de partout. Pour corser la chose, éviter les attaques psychiques de l’adversaire ne suffit pas, encore faut-il lui infliger des dommages. Aussi les enchaînements de boutons alternent avec une phase de jeu d’interprétation de riffs identique à celle de la phase 1 qui pour le coup blesse l’adversaire.

Phase 3 : FINAL

Vient alors le moment du final. Identique à la première phase, le joueur "n’aura" qu’à interpréter les fameux riffs représentés par les barres oranges. Néanmoins à l'instar de la phase 1, en cas de réussite, ils blessent votre adversaire, et en cas de problème de synchronisation œil-cerveau-main, ils vous font perdre de la vie. Si à la fin seul U-1 reste debout, guitare au vent, la victoire est acquise.

DUREE DE VIE
3
Dommage, tout était pourtant réuni pour que Gitaroo Man devienne le sommet du genre, reléguant l’Everest à un statut de colline alors que ce dernier sait ce que culminer veut dire. Terminer le jeu, si tant est que l’on soit doué d’un peu de rythme et capable de battre la mesure prendra moins de 2 heures comme ce fut mon cas (je sais c’est fort mais lorsqu’il s’agit de rythme je suis le siège d’une sorte de virtuosité rarissime qui relève de l’inné comme Mozart pour le piano ; ceci écrit avec toute la modestie qui s’impose en pareilles circonstances !). Au-delà de la plaisanterie, le soft aurait mérité une dizaine de niveaux et un ou deux modes de jeu supplémentaires. Pour pallier cette faible durée de vie, KOEI a bien ajouté quelques bonus, une fois le jeu terminé, un mode "Master", les mêmes niveaux mais injouables, est accessible ainsi que la sempiternelle "Galerie" recelant les items durement gagné durant le jeu. Sympathique, mais pas de quoi enterrer vivant le yorkshire de Tata Alice ! A noter la présence d’un mode multijoueur. Jusqu’à quatre tarés de la corde peuvent s’affronter en duel ou en coopération. Fort heureusement, une fois goûté cette ambroisie musicale, une dépendance s’installe, poussant le joueur à revenir sans cesse tenter quelques niveaux pour combler son manque entre deux parties de RPG.

SON
5
Le son éclate dans un rayonnement impérial, c’est beau, j’en suis encore ému. Composées par COIL (Chihiro HARADA), un groupe de pop-rock japonaise, les musiques parcourent tous les styles, du Rock au Hard-Rock, en passant par le Ska, la Techno, le Reggae et le Jazz sans oublier le morceau d’anthologie très Funky (NdH.S.: le morceau en question s'appelle 'Bee' Jam Blues...) de l’affrontement déjà mythique contre Mojo King Bee, le sixième frère Jackson méconnu, déguisé en Maya l’Abeille. Rien à voir avec les productions dont nous gratifie régulièrement KOEI qui pour faire dans la métaphore picturale ressemblent plus à un paysage de coucher de soleil sur la steppe un soir d’orage quand les corbeaux recherchent une carcasse de cheval mort de soif qu’à l’apothéose munificente du ruissellement de couleurs que l’artiste assène, sous les rugissements de l’enthousiasme à un public ivre d’admiration.
Plus de détails...

ACCESSIBILITE
4
Le jeu est loin d’être une sinécure pour les bloqués du rythme, ceux qui tapotent totalement en contre-temps la mesure sur le volant de leur voiture. Si le joueur dévie ne serait-ce que d’un azimut du rythme ou s’il refuse de s’opposer aux idées dissidentes du découragement c’est le lancer de manette à travers la pièce assurée ponctué comme il se doit par des jurons que l’on croyait disparus de la langue française. C’est d’autant plus difficile, que d’une partie à l’autre les solos varient. Pas de par cœur pour s’en sortir. Les autres en revanche plieront les 10 niveaux en moins de deux heures. Le doublage en anglais, truculent, permet une meilleure compréhension. Charmante attention, mais inutile vu la profondeur du scénario.

LES +LES -
+ Les musiques !
+ L’univers débilement japonais...
+ Le gameplay innovant.
- 10 niveaux, c’est un peu court !

VERDICT
9

Un soir d’hiver, alors que le vent soufflait fort dans notre petite contrée, H.S. m’a invité à une petite tisane verveine menthe pour réchauffer mon cœur tout engourdi par une journée en mauvaise compagnie professionnelle. Alors que je sucrais abondamment mon infusion, plongé dans la mélancolie, H.S. en profita pour glisser la divine galette dans son monolithe, tout en me déclarant avoir mis la main sur un "super jeu". A la vue de la cinématique d’introduction, j’eu envie de lui dire un peu brutalement : "C’est une blague, c’est ça ton super jeu ??? Ou tu t’engages dans la légion étrangère tout de suite et sous un faux nom en emportant dans ton paquetage ce jeu ou je répands la rumeur que tu n’es que le sosie de mon ami enlevé il y a bien longtemps par les bohémiens !!!". Fort heureusement, je me retins, l’intuition me chatouillant la fibre prémonitoire, m’évitant ainsi beaucoup de mauvaise foi pour ne pas reconnaître mon jugement trop hâtif. Puis dès les premiers instants de jeu, me rendant compte de mon erreur, un Niagara de honte m’emporta comme un fétu hagard, ô ami indigne, dont l’œil soupçonneux a rampé dans l’ombre visqueuse de la calomnie. J’avais devant mes yeux émerveillés une bombe vidéoludique. Car pour faire taire immédiatement les maniaques de la notation oiseuse, les intoxiqués de la superproduction, les obsédés de la 3D, les fifrelins de la licence qui bondissent comme un hippopotame sur le plus petit détail de l’animation sujet de discorde dans les familles les plus unies, et l’enflent à faire péter le bœuf de la fable, Gitaroo Man est le meilleur jeu musical avec REZ de la PS2. Là où REZ permet au joueur par ses talents de shoot’em up’eur d’intervenir sur le contenu des morceaux musicaux lui ouvrant un nouvel univers musical (je ne peux que vous conseiller chaudement de lire le test de H.S.), Gitaroo Man offre au joueur la possibilité d’assouvir son rêve, se prendre pour un "guitare héros" ! (oui, je l’écris à la française et c’est un ringard et alors !) Qui n’a jamais rêvé de prendre la place de Keith Richards en plein concert des Stones, de déclencher l’hystérie des foules par des riffs endiablés, d’être submergé par une avalanche de petites culottes, lancées sur la scène par des groupies déchaînées ? Oui, je m’enflamme, jouer à Gitaroo Man ne va pas transformer votre salon en magasin Damart (elles ne sont plus toutes jeunes les groupies de Mick), mais vous fera tout de même ressentir un choc vidéoludique comparable à une secousse sismique.
Chacun des 10 niveaux qui composent le jeu donnent lieu à l’exploration d’un style de musique différent (rock, jazz, funk, electro, hard-rock, samba, ballade accoustique...). Cela oblige le joueur à s’imprégner de la rythmique pour interpréter le mieux possible ses riffs. Du langoureux, à l’agressif en passant par les hystériques, tous y sont ou presque ! La fameuse ligne verte a fait l’objet de toutes les attentions de la part des développeurs. Elle se courbe lors d’un bend, ondule pour indiquer les trémolos, les musiciens seront ravis. Et que dire des musiques ? Joueur joue à Gitaroo Man et écoute cette élégie musicale qui se répand dans les cavités auditives de l’honnête homme comme le miel sur la tartine d’un affamé et laisse toi séduire, car au-delà d’un habillage très japonisant se cache la porte qui mène au royaume scintillant de la grande musique... sauf pour les fans de Mozart (faut pas déconner y a rien au-dessus de Wolfgang !). C’est transi de bonheur que tu vas remonter aux sources des ondes qui vont déferler en flots musicaux de ton téléviseur et nager dans un océan de pureté sonore dont Gitaroo Man est le modeste Neptune. Joues-y ami joueur !


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