TEST
SYNOPSIS
"Une chambre d’épouvante complètement délirante vous attend dans Dragon’s Fury, le suprême jeu vidéo de flipper. Des graphismes incroyables, des tonnes d’action, six tours bonus et la possibilité de marquer un milliard de points - si vous en êtes capable !" Voilà ce que les pauvres joueurs européens que nous sommes ont pu lire au dos du boîtier du jeu : moi... là, sans déconner, je repose le jeu vite fait et je m’enfuis en courant ! Mais toi, gentil lecteur, tu vas encore rester un peu, non ?
PRESENTATION
2
Honnêtement, c’est le minimum syndical... et même si la jaquette et la notice japonaise sont sublimes, l’introduction du jeu reste vraiment soft... heureusement que la musique est là pour rattraper tout ça ! L’épilogue, lui aussi, se résume au strict nécessaire : une (belle...) image de fin et le staff roll... le tout plié en moins de deux minutes ! On notera que les jaquettes américaine et européenne sont, une fois n'est pas coutume, vraiment de bon goût et surtout en adéquation avec le jeu...
GRAPHISMES
4
Yeesss ! La Mega Drive en a dans le ventre et TECNO SOFT est là pour nous le prouver ! C’est détaillé comme jamais et, par moment, d’une finesse remarquable : le 6ème bonus stage ne me fera pas mentir et vous décollera littéralement la rétine ! Plutôt colorés même s’ils sont un peu plus ternes que ceux de la version PC-Engine, les graphismes me semblent être donc un tantinet plus glauques...
ANIMATION
4
Elle est sans faille ! L’écran est par moment submergé de sprites sans que l’on ait à déplorer le moindre ralentissement... Autre détail qui fait plaisir, les réactions de la bille sont plus vraies que nature : que du bonheur !
JOUABILITE
5
Comme au bistrot ! La croix directionnelle actionne le bumper de gauche, le bouton B celui de droite et le bouton A permet, à de très rares occasions, un tilt bien placé ! Cela ne vous convient pas ? Pas de soucis, le menu d’options vous permettra de régler tout ça comme bon vous semblera !!! Ils ont vraiment pensé à tout chez TECNO SOFT, hein ?
DUREE DE VIE
5
IN-FI-NIE !!! Non seulement marquer un milliard de points et venir à bout des six bonus stages (enfin des douze...) vous demandera pas mal de temps (ils ont même prévu des mots de passe, c'est vous dire...) mais après... ce sera tout simplement le plaisir de jouer à un excellent soft qui vous fera y revenir sans cesse !
SON
5
TECNO SOFT maîtrise le 68000 de la Mega Drive : ils l’ont déjà prouvé à de maintes reprises (Herzog Zwei, Elemental Master, Thunder Force III etc...) et bien ils ont remis le couvert et, croyez-moi, ça fait rudement plaisir à entendre ! Les bruitages sont d’excellente facture : ça hurle, braille, explose, bump (©1978 H.S.) et râle à tout va sur fond de musique électro-goth du meilleur effet. Le thème principal est une bénédiction (enfin... une malédiction, en l’occurrence !) et les thèmes des bonus stages autant de petites messes noires : les stages 2, 3 et 6 me mettent littéralement en transe... si, si... en transe !
ACCESSIBILITE
5
Pas de texte (hormis les indispensables "Bonus Points" et "Extra Ball" ^_^ !) et un principe que TOUT le monde connaît : marquer des points... un maximum de points avant d’être à court de billes ! Simple... non ?
LES + LES -
+ Une ambiance... démoniaque !
+ Un modèle physique quasi parfait.
+ Une durée de vie presque infinie !
- Bah non... j'vois pas !
VERDICT
9 S’il est un genre de jeu qui s’avère être délicat à réussir, je crois qu’il s’agit bien des jeux de flipper : créer un modèle physique réaliste, des tableaux intéressants et faire du score l’obsession première du joueur sont des exercices sur lesquels bon nombres de développeurs se sont déjà cassés les dents ! Largement inspiré par le travail, déjà fort remarquable de NAXAT et RED, TECNO SOFT marque avec Devil Crash MD un sans faute absolu : tout dans ce jeu a atteint un degré de perfection presque (j’ai bien dit "presque"...) indécent...
Parlons tout d’abord cette ambiance gothique, empreinte de satanisme et de magie noire que Belzébut lui-même n’aurait pas désavoué... absolument cultissime. En dehors du Japon, comme d’hab’, le jeu souffre d’une censure non pas abusive (pour une fois !) mais tellement insignifiante qu’on se demanderait presque s’ils n’avaient rien de mieux à faire à ce moment-là chez TENGEN ? Cette ambiance culte, disais-je... largement mise en valeur par une bande sonore, TECNO SOFT oblige, tout aussi cultissime : le thème principal reste, à mes yeux, un monument du genre et sera à jamais gravé dans ma mémoire ! Signalons, pour les fans de TECNO SOFT (c’est-à-dire n’importe quel joueur qui a eu, un jour, la brillante idée de s’essayer à un de leur jeu... ^_^ !) que la cartouche renferme pas moins de cinq thèmes cachés tous issus de précédents hits de la firme : pour ouvrir ce sésame, jetez un coup d’œil aux screen-shots... Ah ! J’oubliais... il existe également un CD qui reprend les plus grands thèmes du jeu réorchestrés par Noriyuki IWADARE (Lunar, Grandia et plus récemment Radiata Stories...) : bien sûr vos chances de mettre la main sur une telle pièce de musée (le CD est sorti en juin 1990 !) restent plus qu’improbables !
Il y a ensuite l’élément majeur du jeu : je veux bien sûr parler de la bille ! Que dire si ce n’est que cette dernière bénéficie d’un modèle physique à la limite de la perfection... Vous étiez un champion de flipper au café du coin ? Pas de panique, toutes vos combines et autres fourchettes sont ici réalisables... dans le but, très louable, de faire s’emballer le score : et quand celui-là s’emballe mes amis, on compte en millions de points ! On parlera, c’est évident de la durée de vie du soft... Elle est pour ainsi dire infinie : votre but est simple, marquer 999 999 990 points en terminant à deux reprises chacun des six bonus stages... comment ça ? Je ne vous ai pas encore parlé des bonus stages ! Vite réparons cette erreur... La table principale, donc, se compose de trois écrans et, ensuite, en fonction des éléments que vous activerez et des points que vous accumulerez, vous aurez accès à six bonus stages à la difficulté croissante. Chacun de ces bonus stages doit être complété deux fois : la première avec une seule paire de bumpers et la seconde, avec deux paires... autant dire que vous en avez pour des lustres, croyez-moi ! Mais fort heureusement, des mots de passe sont là vous enregistrer votre progression.
Une fois les six bonus stages complétés, vous aurez la possibilité... que dis-je : le devoir et le plaisir d’affronter King Demon dans un final flamboyant. Remis de vos émotions, vous pourrez désormais assister à la séquence de fin, certes brève mais tellement jolie...
Voilà, que dire d’autre si ce n’est que Devil Crash MD est un jeu qui a tout pour lui et qui mérite très largement l’appellation de "must have" sur cette bonne vieille Mega Drive. C’est bien simple, je n’envisage même pas que l’on puisse ne pas l’aimer... impossible, tout bonnement impossible ! Et ne comptez surtout pas sur moi pour relancer cet interminable débat : quelle version, PC-Engine ou Mega Drive, est la meilleure ? Sans trop entrer dans les détails, je dirai que la version PC-Engine me semble être davantage colorée et est plein écran alors que la version Mega Drive propose des bonus stages inédits et une bande sonore de qualité supérieure (comme du jambon, en fait !). Voilà, quant à moi, j’y retourne derechef car ces quelques lignes m’ont remis en appétit... Et, au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, Devil Crash MD est un jeu culte : ne pas y jouer sous prétexte qu’il va sur ses quatorze ans serait la pire de vos erreur, croyez-moi... et ne pas l’encenser aurait été la pire des miennes !
P.S. : Un grand merci à mon petit cancrelat blafard, j’ai nommé Jean-Raymond BLUMSTEIN (^_^) ! pour avoir été le premier à croire en tout le potentiel ludique de ce jeu et avoir osé l’acquérir dès sa sortie en 1992... y’a déjà treize ans ma couille !