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8 Ahhhh... Castlevania ! Ne dit-on pas que la première impression est très souvent la bonne ? Pour ma part, ce dicton, pour une raison que j’ignore, ne marche plus très bien avec moi. C’est bel et bien de glacial que l’on peut qualifier l’accueil que j’avais, à l’époque, réservé à ce jeu. Allez, séquence flash-back...
Pour tout dire, j’avais même réservé ma copie à l’avance : l’édition japonaise collector... je l’avais, qui plus est, payée une petite fortune ! Ce cher Olivier (mais si... vous savez, le chef-en-chef de GamesWave) m’avais assuré que seules quelques rares exemplaires arriveraient jusqu’à Lilles... signe avant-coureur d’un succès retentissant... Bon, toujours est-il que, une fois le coffret en ma possession et passé le stade du "Woah ! Comment il claque le coffret jap’ !" je sentais irrémédiablement la déception pointer le bout de son nez. Gameplay préhistorique et surtout... surtout un level design indigne de l’équipe à l’origine du Dracula X sur la PlayStation première du nom : trois types de salles, un couloir... le tout copié-collé à outrance, jusqu’à vous donner la nausée ! Voilà, en gros, ma première réaction... et c’est ce qui a valu au jeu d’être aussitôt rangé sur son étagère, d’avoir subi un déménagement... pour finalement n’avoir été achevé que deux ans plus tard. Mais, chers amis lecteurs, ne comptez pas sur moi pour faire un mea culpa sincère, repentit et en bonne et due forme... que nenni, pas de ça chez moi !!!
En fait, passée outre la déception et accepté le fait que le jeu (tant attendu et si chèrement payé) n’est et ne sera jamais du calibre d’un Symphony Of The Night, on a, en toute objectivité, entre les mains un bon petit jeu d’action légèrement teinté d’aventure et saupoudré d’une bonne dose d’ambiance "castlevania’esque"... (c’est un peu normal, me direz-vous, au vu du titre du soft... >_< !).
L’ambiance, donc, est en partie due à une exécution technique de belle facture : les différentes salles (en dépit de leur fréquence d’apparition...) sont superbement modélisées, vraiment détaillées et bénéficient de textures incroyablement fines. Les divers effets de lumières ne sont pas en reste : le reflet d’un vitrail sur le sol et ces rayons de lumière semblables à autant de petites aurore boréales... du bel ouvrage en somme hélas quelque peu gâché par un syndrome de "copié-collé" qui finit fatalement par agacer. Et pourquoi diable, en plus, avoir opter pour ce hub... cette salle centrale qui vous téléporte vers chacune de vos cinq destinations ? N’y avait-il pas moyen de mieux intégrer ces niveaux au château ? Par exemple, imaginez-vous arpentant un couloir, vous sortez alors du batiment principal, traversez un petit pont et vous voilà dans le théatre... Arpentez un autre couloir puis descendez un long escalier et vous vous retrouverez dans le laboratoire... c’est tellement simple à mettre en œuvre et finalement tellement efficace... non ?
L’autre aspect de cette ambiance remarquable c’est bien sûr cette bande sonore signée Michiru YAMANE : tout simplement magistrale et comptant pas moins d’une quarantaine de thèmes ! Des différents niveaux aux bosses en passant par les cut-scenes, chaque morceau bénéficie d’un travail qui force le respect : c’est varié, inspiré et magnifiquement mis en musique ! Je serais même tenté de dire que c’est elle (et oui, Michiru YAMANE est une femme, vous l’ignoriez encore ?) au sein du staff du jeu qui s’est le plus décarcassée et que le soft, au vu du résultat final, ne mérite pas une bande sonore d’une telle qualité !
Le gameplay, lui, à été très largement revu à la baisse par rapport à l’opus PSOne : vous ne vous battez plus qu’avec ce fouet désormais culte au sein de la communauté des chasseurs de vampires, j’ai nommé le mythique "Vampire Killer" auquel pour pourrez adjoindre une capacité élémentaire c’est-à-dire, Fire, Ice ou encore Thunder... c’est tout ! Ensuite, ce sont les armes secondaires : hache, crucifix, eau bénite, couteau et autre cristal, combinés à des orbes de différentes couleurs que vous aurez arraché aux griffes des bosses et au prix de quelques coeurs, qui donneront lieu à autant d’attaques spéciales à l’efficacité redoutable ! Mais nous sommes, il faut bien le reconnaître, très loin de la richesse d’un Dracula X. Le système de combo, lui, évoluera au fil de votre aventure et deviendra, j’en conviens, suffisamment varié et intéressant pour maintenir un minimum d’intérêt... Les combats, troua dé (^_^) oblige, gagnent en intensité : placer un combo de 4 coups, pas plus, car un 5ème vous laisserait trop vulnérable et aussitôt échapper à la mêlée avec une cabriole non sans contre-attaquer, juste avant d’esquiver à nouveau pour mieux se placer au milieu de la mêlée et vous permettre de lancer Grand Cross dans un déluge d’effets pyrotechniques qui fait honneur à la PlayStation 2... voilà, à mon sens, un des seuls points positifs qu’apporte la 3D. Car pour le reste, je veux parler de l’aspect exploration, il n’y aura que quelques rares mouvements de caméra pour vous rappeler que vous évoluez dans un univers en trois dimensions. Mais qu’importe je trouve que la caméra fixe, au final, est un choix plutôt judicieux d’autant plus qu’elle est particulièrement bien étudiée lors des affrontements contre les bosses... je regrette simplement de ne pas avoir la possibilité de passer un vue subjective afin de pouvoir admirer le travail des graphistes plus en détail (à la manière d’un Legacy Of Kain : Defiance, en fait...).
Level design simpliste, gameplay assez pauvre... il me reste à porter l’estocade en vous parlant du scénario... enfin "scénario" est un bien grand mot, disons plutôt la trame de fond qui nous sert de fil conducteur. Sans vous gâcher l’infime petite surprise qui vous attend, on peut dire que c’est l’histoire d’un vampire (Walter Bernhard) qui attire, par jeu, un guerrier (Leon Belmont) à Castlevania, par le biais d’un enlèvement crapuleux, comprenez la douce et tendre (Sara Trantoul... mais ma parole d’où tirent-ils un nom pareil ?) du guerrier en question. Le tout sur fond, plus que dilué, de croisade, de retour de croisade et d’inquisition... Ca sent quand même le Dracula de COPPOLA à plein nez ! Oh, il y a bien une petite chute intéressante et on connaît désormais l’origine du fouet mythique ainsi que la raison pour laquelle les Belmont chassent du vampire depuis près d’un millénaire... "You have become a cursed being, and I will never forgive you. This whip and my kinsmen will destroy you someday. The Belmont clan will hunt the Night !" reste, à mes yeux, LA réplique choc de cet opus 128-bits qui clôturera une aventure somme toute assez courte. Comptez une petite dizaine d’heures pour boucler le jeu. Les intégristes de Castlevania pourront, eux, se faire plaisir avec une Encyclopédie (le bestiaire, en fait) à compléter et toute une ribambelle d’objets et d’accessoires à trouver (les Piyo-Piyo Shoes sont un must absolu, croyez-moi !) mais là encore on frise l’abus : certains de ces objets vous demanderont une patience et une chance presque inavouable. Obtenir la Qigong Belt m’aura simplement demandé l’extermination de plus de 210 Heavy Armor (avec une LUCK bidouillée à 50...) on croit rêver ! Du coup, la durée de vie du soft décolle et a atteint, avec moi, les 22 heures 33 minutes... Ensuite il sera possible pour les plus téméraires de finir le jeu une seconde fois avec Leon en mode Crazy, de refaire l’aventure avec Joachim Armster et qui sait, de tenter une partie avec Pumpkin !!!
Voilà... je pense avoir dis tout ce que j’avais à dire sur ce jeu. Il n’arrive certes pas à la cheville de l’opus PSOne, mon Castlevania de référence (rendez-vous pour un futur test aux petits oignons) et celui de la majorité des fans de la série (non, Cyril, tu n’en fais pas partie, inutile de nous le rappeler !) MAIS il constitue malgré tout, un petit jeu d’action fort sympathique et finalement très prenant pour peu que vous ayez une dizaine d’heures à lui accorder. Ma première impression n’était, cette fois-là, pas la bonne... je le reconnaît sans problème. J’ai donc, pour la peine, savouré ce jeu comme il se devait, en faisant mine d’oublier, un temps, l’épisode 32-bits si cher à mon cœur de gamer... au final, j’admets volontiers que l’aventure était des plus plaisantes ! Eh oui ! Il n’y a bien que les imbéciles qui ne changent pas d’avis...
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