TEST
SYNOPSIS
Vous êtes quelqu’un de bien. Si, si...
Vous aimez à vous délecter d’un bon verre de vin millésimé en écoutant du jazz, avant d’aller au cinéma art-et-essais du coin pour regarder un film d’auteur exquis en V.O.
Mais, ne le niez pas, de temps à autres il vous arrive de vous boire du Coca à la bouteille comme un sagouin tout en écoutant du RnB à fond, avant d’aller au multiplexe du coin pour aller mater un bon gros blockbuster bourrin en VF. Plaisir coupable, certes, mais plaisir avant tout.
Eh bien voilà, Burnout, c’est exactement de ça dont il s’agit... Un énorme jeu d’arcade qui démolit tout, et dont on peut à tout moment se payer une tranche entre deux parties épiques d’Okami, par exemple. Et ça c’est beau. Voici donc le test de mon gros coup de coeur depuis maintenant plus de deux ans, ce qui est toujours la marque d’un bon jeu, vous n’en doutez pas. Ici, point de scénario, de commandes difficiles à appréhender, de casses-têtes à se taper la tête contre le canapé, etc... Non, ici tout n’est que désordre et laideur, crasse, bruit et tôle froissée (je tiens à m’excuser profondément envers tous les fans de Baudelaire qui auraient pu être choqués par ce jeu de mots moisi...). Le leitmotiv choisi par EA Games pour illustrer le quatrième volet de la saga Burnout est "adrénaline". Et ils ont bien eu raison, tant tous les autres jeux de voitures ont l’air gros et mous par rapport à celui-ci, les deux premiers épisodes de la franchise en tête de liste.
PRESENTATION
3
Des gros titres qui hurlent, des images épileptiques qui se téléscopent, des flammes partout, des caméras qui tremblent, oui, aucun doute, on n'est pas dans ICO. Les menus sont clairs et accessibles, les temps de chargement sont très raisonnables (pour de la PS2, s'entend), et on a qu'une hâte, c'est de régler la bête au plus vite pour sentir le plus rapidement possible l'odeur du pneu qui brûle sur l'asphalte moite. En bref, un bon gros menu bien arcade qui met tout de suite dans le ton. Chouette. Allez, c'est configuré, hop, première course !
GRAPHISMES
4
Wow ! Un jeu de caisses (presque) aussi bien modélisées que dans un Gran Tourismo, ça fait plaisir aux mirettes ! Les (nombreux) dégâts sont vraiment localisés en des tas de points différents (aaaah, la joie de croiser une roue, un pot d'échappement ou un pare-choc se promener tranquillement en travers de la route...), et les décors (villes, montagnes, campagne, etc...), simples sans être vides, ont une distance d'affichage hallucinante ! Zéro clipping ! Joie ! Les différents effets d'explosions et de ralentis s'accompagnent toujours d'un petit effet de flou bien senti qui donne une sacrée patine visuelle à un ensemble déjà riche en différentes particules de poussières, de chaleur, de bouts de verres et autres éléments escamotables du décor. En gros, ça bastonne pour notre vieille rétine blasée. Youhou.
ANIMATION
5
ENORME. LA CLAQUE. C'est beau.
Un instant, je m'essuie la joue et je suis à vous.
Voilà. C'est tout simplement le jeu le plus rapide du monde, et, ma foi, ça claque sévère sa mère, comme disent les jeunes. Vous ne pourrez plus jamais jouer à un autre jeu de voitures avec autant de plaisir qu'avant, une fois que vous aurez goûté à l'effet de vitesse le plus absolument démentiel jamais vu sur une console de mémoire de moi. Quand le compteur indique 300 km/h, eh ben pour une fois on a vraiment l'impression d'y être, et tout ça en restant parfaitement lisible, ma brave dame ! Le plus surprenant étant qu'on assiste à aucun ralentissement de la part de cette bonne vieille Play2, même quand l'écran se charge de tonnes de belligérants, arbres, citoyens lambdas et autres murs feinteux qui sont toujours légion à vous en vouloir, c'est bien connu. Ajoutez à tout ça le fait que les circuits sont vraiment tordus et riches en raccourcis et tremplins de toutes sortes, et vous comprendrez qu'on assiste ici à un tour de force hallucinant dont le seul côté négatif est qu'il vous obligera à investir dans un très grand écran pour un confort de jeu et d'immersion optimal. (Perso, sur mon vidéopro' ça arrache la schneck !)
JOUABILITE
5
Une fois de plus, arcade oblige, vous n'aurez au début à vous servir que de deux boutons : accélerer et, plus rarement, freiner. Et la voiture ira très exactement où vous voudrez qu'elle se rende, sans aucun souci (on est pas dans Gran Tourismo ~exit les savonnettes~, plutôt dans une sorte de Ridge Racer sous amphets). Plus vous vous comporterez comme un danger public (rouler à contre-sens, envoyer vos concurrents ou des innocents dans le décor, provoquer un carambolage, etc...), plus vous gagnerez ce qui s'appelle du Boost, principe de nitro très efficace déjà vu dans foultitude d'autres jeux (SSX, au hasard), mais toujours aussi agréable. Le Boost, en gros, se matérialise sous la forme d'une grosse barre en bas à gauche de l'écran qui s'enflamme en cas de comportement dangereux, et que vous utilisez en laissant appuyé la touche R1 (au passage, l'accélération subie déforme légèrement les perspectives du décor, accentuant encore plus l'impression de passage en hyper-espace...). Un virage arrive ? Freinez pour déraper face à la route, et sitôt le nez de votre voiture dans l'axe, enfoncez comme un malade Croix + R1, et hop, c'est reparti au taquet.
Une autre idée encore plus ultime et facile à réaliser se nomme le Crashbreaker, et une autre le Takedown. Je vous en parlerai plus loin, mais sachez néanmoins que comme le reste, c'est prise en main immédiate et bonheur en tube assuré.
DUREE DE VIE
4
Que ce soit pour se faire une partie quand on a un petit quart d'heure à tuer, ou pour finir le mode principal du jeu, on peut dire que ce Burnout a un méchant goût de revenez-y. Et vous n'aurez que l'embarras du choix pour froisser de la tôle ou faire exploser le compteur : courses classiques ou contre la montre, Grands Prix, éliminateurs (toutes les 30 secondes, le concurrent en dernière position... explose !), Road Rage (éliminez toutes les voitures avec une flèche bleue au dessus de leur toit pour gagner du temps et des médailles selon le nombre abattus), paniques dans le trafic (éliminez tout le monde !) et surtout mon préféré, l'assez ultime Mode Crash. Comme son nom l'indique, il est ici question de créer le plus gros carambolage possible sur une zone prédéfinie que survole au préalable une caméra aux relents de Matrix. Alors au début on s'exécute uniquement dans le but de démolir suffisamment de voitures pour avoir une médaille d'or et ainsi débloquer l'épreuve suivante, mais un jour l'inouï se produit. La personne à vos côtés qui vous regardait jouer jusque là sans rien dire s'exclame soudain : "Quoi ? C'est tout ? Attends, passe moi ta manette, que je te montre ce que c'est, un vrai gros accident qui poutre" (oui, aussi, si vous jouez avec des jeunes, à un moment faut assumer) Et là, c'est le drame, et il n'est pas rare de voir deux personnes passer DES HEURES sur le même tracé à essayer de démolir un maximum de voitures innocentes. Donc oui, la durée de vie est plus que conséquente dans un cas comme dans l'autre. Ajoutez à cela des bonus assez inutiles (tuer quelqu'un pile à l'endroit préalablement indiqué par le jeu), et un assez grand nombre de véhicules d'abord normaux, puis franchement déconnants (vieux tacots, f1, dragsters, 4x4, camions à glaces, etc...) à gagner, et comprenez maintenant pourquoi on peut dire merci Burnout, et bravo.
SON
2
LE point faible de ce jeu. Entendons nous bien, les bruits de moteurs sont délicieux, et la douce mélopée des tôles froissées ravira toutes les oreilles présentes à l'exception de celles de vos voisins, jusque là, pas de problème (d'ailleurs, pour peu que vous ayez une installation 5.1, la localisation des surrounds est assez efficace, ça fait toujours plaisir). Non, là où ça craint, c'est quand on sait que CRITERION a voulu visiblement viser les djeunz, et pour 3~4 morceaux vraiment sympas, il faut se farcir toute une flopée de pseudos groupes minables de néo-poppy-punk-rock dont même une radio pour ados ne voudrait pas. Alors certes, une fois la course commencée le bruit du carnage prends le pas sur tout le reste (d'autant qu'on peut mettre le volume de la musique à zéro dans les options), mais pendant la navigation dans les différents menus, ou pour passer d'une course à l'autre et/ou changer tout simplement de véhicule, on est obligé de se taper cette soupe très dangereuse pour les tympans et les neurones. Une menue broutille, en effet, mais dont ils auraient allègrement pu se passer. Détail amusant, des bruits de foule en liesse viennent ponctuer vos accidents les plus spectaculaires, et des huées vous couvrent de honte en cas de démarrage raté. Un régal.
ACCESSIBILITE
5
Prise en main immédiate, satisfaction garantie, une fois qu'on a saisi que ça va effectivement TRES vite, et encore plus avec le Boost. Du coup, quand vous vous mangez une voiture à contre-sens, un poteau vicieux ou un coin de mur fourbe, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même. Et ça c'est bon (ou pas, si on conduit comme un vieux gitan bourré).
LES + LES -
+ Du fun, du fun, du fun !
+ Un max de véhicules,
+ ...tout un tas de modes de jeu,
+ ...et beaucoup de circuits bien variés !
+ Conduite intuitive ultra-fluide !
+ Raaaaaapiiiiiiide et furieux !
+ Bref, jouissif !
- Musiques de daube...
- Vous rend méchant une fois la manette en main !
- Visibilité réduite... à 200 en plein centre ville !
- Certaines épreuves vraiment trop corsées !
- C'est tout !
VERDICT
9 J’ai toujours été assez peu (voire pas du tout) attiré par les jeux de voitures. Jusqu’à ce que je tombe sur Burnout 3, qui m’avait foutu une grosse claque à l’époque malgré quelques petites imperfections (ralentissements, bugs, ordi qui trichait, etc...). C’est dire si j’attendais ce Revenge avec ferveur. Et je n’ai pas été déçu, très loin de là ! Toutes les scories éliminées, il était temps de passer aux choses sérieuses dans le domaine du carnage autoroutier ! Grosse nouveauté de cet épisode, et qui a déplu à quelques puristes chagrins, le fait de pouvoir envoyer bouler tous les véhicules qui vont dans le même sens que vous, à l’exception des bus et des semi-remorques, quand même, vous êtes solides mais faut pas déconner. Effectivement, il était assez frustrant dans le 3 de foncer à 295 km/h et de se manger une petite voiturette insignifiante réduisant notre vitesse à zéro en une seconde. Imaginez comme c’est bon de rentrer du boulot dans les embouteillages, et de se venger en allumant sa console et en atomisant les badauds à grands coups de "pousse-toi de là que je m’y mette"...
J’aimerais également vous parler ici de deux trouvailles géniales qui à mon sens font que dans le monde des jeux de voiture il y a Burnout d’un côté et tous les autres loin derrière : Le Takedown et le Crashbreaker.
Le Takedown, c’est le fait d’envoyer un concurrent dans un mur ou contre un camion, ce qui a pour effet immédiat de déclencher une mini-cinématique de l’accident assez surprenante de prime abord, mais très jouissive après coup. Mais quand c’est à notre tour de se goinfrer un coin de maison ou un bus dans les dents, me demanderez-vous ? Eh bien là, c’est génial : pour peu que vous ayez le doigt appuyé sur R1 (ce qui est somme tout assez fréquent, vu que c’est le turbo), un très beau ralenti se met en place pendant une dizaine de secondes, dans lequel vous pouvez avec le joystick analogique gauche essayer de diriger tant bien que mal votre épave, pour essayer de devenir à votre tour un obstacle et barrer ainsi la route à vos concurrents ou tout simplement faire encore plus de dégâts. Ce qui nous emmène tout naturellement au Crashbreaker, invention géniale disponible uniquement dans certaines courses et vous permettant de faire exploser votre carcasse pendant le ralenti, des fois que les éventuels concurrents soient trop loin à atteindre. Hop, une pression sur R2 et c’est une petite boule de flamme calcinée qui s’élève dans les airs pour menacer tout ce qui bouge alentour (ou vous permettre d’éclater plusieurs ennemis d’un coup si vous gérez bien le déclenchement de l’explosion). Légère variante dans le Mode Crash : plus l’accident est gros, plus un pourcentage de crash se remplit, et quand celui-ci arrive à 100%, vous pouvez, en martelant R2 comme un forcené, faire à nouveau exploser votre épave pour atteindre des bus ou des trams qui auraient survécu au chaos initial.
Non, vraiment, y pas à dire, c’est que du bonheur, et pas qu’à jouer, même à regarder, puisqu’il n’est pas rare d’entendre la personne à vos côtés proférer un "Waoooooouuuuch, ça doit faire mal !", tant certains accidents sont spectaculaires et violents.
Un dernier mot sur le mode multijoueurs bien réalisé mais pas transcendant du fait de l’impossibilité de caser les ralentis Takedown qui donnent toute leur saveur aux accidents.
Bref, Burnout Revenge n’est donc définitivement pas un grand monument vidéoludique, mais bel et bien l’équivalent d’un bon gros menu XXL de fast-food : tape-à-l’oeil, riche et gras, un peu lourd à digérer sur la fin, mais en même temps le genre de plaisir auquel vous ne sauriez résister puisque, comme je vous l’ai déjà dit tantôt, vous êtes quelqu’un de bien.
Foncez !
PS : En revanche, évitez comme la peste le dernier épisode sorti : Burnout Dominator qui, bien que plus joli, possède le principe absolument stupide d’avoir viré le Mode Crash, et de vous rendre à nouveau vulnérable aux adversaires qui vont dans le même sens que vous. Regression ! Boycott !
PS3 : Par contre, guettez avec impatience Burnout Paradise sur les consoles next-gen, m’est avis qu’il va couper le squeele de sa race maudite en short.