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8.5 Y’a pas à dire, le hasard fait parfois très bien les choses ! C’est en cherchant, ça et là, quelque information croustillante sur le Net, que votre serviteur tomba sur une page fort inspirée ne tarissant pas d’éloges à propos d’un shoot PSone : Bokan Desuyo ! Quelques captures d’écran illustraient avec brio cette gratterie délicieusement néo-rétro ! Ma décision était prise, si le hasard m’a fait tomber sur cet article, je me devais, quoiqu’il advienne, de mettre la main sur ce jeu ! Hélas, je constatais assez rapidement que le jeu (comme tous les bons shoots 2D sur Play) était assez prisé et donc, très difficilement trouvable ! Mais c’est non sans avoir pensé à notre Grosquik qui lutte sans perdre espoir et ce, depuis des années, dans les geôles froides et humides de Nestlé que ma détermination se galvanisa... Quelques temps après, la chance me sourit enfin et me permit d’acquérir une copie neuve à un prix à peine avouable (tout juste 30 Euros... oui, je sais, c’est dégueulasse... mais c’est comme ça ! Je ne vais pas m’en excuser quand même !). Alors... ce jeu est-il vraiment le shoot tant encensé par la critique ?
Comme ça... là... à brûle-pourpoint je dirai : oh que oui ! Mais avant d’aller plus loin, laissez-moi vous faire un rapide briefing concernant la série dont est issue cette perle vidéoludique. Au milieu des années 60, la fratrie Tatsuo, Kenji et Tohoyaru YOSHIDA fonda le mythique studio d’animation Tatsunoko. Ce studio étonnamment prolifique, à qui l’on doit notamment (et entre autre) : Judo Boy, La Bataille Des Planètes (Gatchaman), Demetan, Robotech, Super Durand (Urashiman), Shurato, Video Girl Aï et plus récemment The Soul Taker... ce studio, donc, avait au milieu des années 70 lancé une série Time Bokan, qui s’est rapidement déclinée en de nombreuses "suites" dont le point commun était la récurrence du trio de méchants (seuls leur nom et leur accoutrement changeaient... les doubleurs étaient les mêmes !) et de leur ennemi mortel : un super-héros en –man ! Ainsi, en 1977, la deuxième série : Time Bokan Series Yattaman connu un retentissant succès au Japon (108 épisodes !) et en Italie où le dessin-animé jouit aujourd’hui du statut de série culte. Nos trois pieds-nickelés : Doronjo (la donzelle) accompagnée de Boyakki (le cerveau, mon préféré...) et de Tonzura (l’homme de main) sont sous les ordres du mystérieux Docteur Dokurobee (prononcez "do-kou-ro-bééééééééééé") dont chaque manifestation aussi insolite qu’inattendue fixe aux Doronboo (littéralement "Trois Voleurs") des objectifs de mission pour le moins farfelus. Fort heureusement, Gan et Aï, les Yattaman aidés de leur robot-chien Yatta Wan ("wan" étant l’onomatopée japonaise pour "ouaf") veillent sur les bonnes gens et déjouent sans relâche, les sombres desseins de notre trio comique... Car de comique la série, et par extension le jeu qui nous intéresse aujourd’hui, n’en manquent résolument pas : des gags bien absurdes, des petites culottes et des méchas voilà l’essentiel de la série !
D’entrée, pour vous faire une idée assez juste du jeu, imaginez les univers de Pop’n Twin Bee et de Goemon Ganbare qui se télescopent, le tout délicatement saupoudré d’une pincée de Super Robot Taisen (de BANPRESTO, tiens... comme c’est étrange !). Vous imaginez le tableau ? Ainsi, la facture technique rappelle très fortement celle du génial Pop’n Twin Bee pour le scrolling vertical tout d’abord mais aussi dans le choix des couleurs (nombreuses et vives). Bien entendu, console 32-bits oblige, les effets spéciaux foisonnent : certains délicieusement rétro (à la Mode 7) comme les zooms pixellisés (volontairement ?) à outrance mais d’autres bien plus élaborés tels l’effet de rotation sur Odatebuta, le cochon au palmier du Special Stage ou encore certains effets de transparence. La PlayStation a beau être réputée faiblarde en 2D, BANPRESTO sait y faire ! Les sprites ("Pépé, a spriiiiiite !" Private Joke Inside... El Ventro comprendra !) sont de toute beauté : issus, pêle-mêle, des nombreuses séries dont s’inspire Bokan Desuyo, ils sont donc tout naturellement variés comme jamais, hauts en couleurs (c’est rien de le dire) et parfois immenses. Yatta King, à la fin du premier stage prend à lui seul la moitié de l’écran... et le deuxième robot d’Ippatsuman (Mammoth Gasshin) ne vous laisse guère que quelques pixels-carrés où garer votre véhicule... Les véhicules, justement, bénéficient, à l’image de l’ambiance générale du soft, d’un design déjanté. Au nombre de neuf, six d’entre eux nous proviennent encore une fois des séries Time Bokan. Les trois autres (enfin... peut-être même quatre... Oups I did it again !) que sont les Doronjo, Boyakki, Tonzura Car (avec la mystérieuse Dokurobee Car... ça y est, je l’ai dit !) sont des créations originales mais parfaitement d’aplomb avec le reste du roster.
Parlons maintenant du gameplay... riche et vraiment original (à moins que ma culture à ce niveau-là ne pèche par quelques lacunes) de ce Bokan Desuyo. Chacun de vos véhicules est caractérisé par sa vitesse (Speed), sa défense (Shield) et son type de bombe (qui variera d’un niveau à l’autre...). Ainsi, les véhicules rapides seront moins robustes alors que les tanks seront, c’est entendu, beaucoup plus lents. Votre barre de Shield (8 points) représente donc vos vies (que vous pouvez perdre par paquet de une, deux voire plus !). Tombées à zéro, le jeu vous laissera alors une ultime chance : vous vous retrouverez dès lors à bicyclette (clin d’œil au mythique running-gag de la série...) avec une puissance de tir tout bonnement ridicule. Faites-vous toucher encore une fois et c’est la mort (et un Crédit en moins, un !) ou prouvez votre talent en survivant quelques minutes dans ces conditions extrêmes, vous serez alors récompensé par un bonus vous rendant et votre véhicule et votre arsenal ! So sweet ! Le bouton X, lui, vous permettra de lancer des bombes, j’utilise bombe comme terme générique puisqu’il existe trois types de bombes : les bombes (les vraies, duh !) plutôt lentes (même carrément) mais ratissant large et avec puissance ; les grenades, moins puissante mais plus rapides ; et enfin les missiles, rapides et efficaces, mais d’une utilisation beaucoup plus précise... Bonne nouvelle, ces bombes sont illimitées ! Oui... mais elles nécessiteront un petit temps de chargement : ensuite, une fois votre bombe chargée, vous pourrez soit la lancer (sans déconner ?) soit la laisser monter en puissance. Bien entendu, avec une bombe montée sur votre véhicule, la vitesse de ce dernier s’en trouvera fortement amoindrie et les esquives (j’y reviendrai...) définitivement impossibles. Pire encore, si vous vous faites toucher à ce moment-là, et quelque soit l’état de votre Shield, vous vous retrouverez ipso facto à vélo (exit la bombe et tout votre arsenal par la même occasion !). Cependant, si votre talent de shooter est avéré, après quelques secondes, votre bombe se transforme en super bombe ! Votre véhicule devient alors ridiculeusement lent mais la puissance que vous vous apprêtez alors à déchaîner fera taire (et plus si affinités...) tous les fifrelins de la mitraille présents à l’écran ! Une fois la bombe lancée et contrairement à la majorité des shoots, gardez simplement à l’esprit que vous ne bénéficiez d’aucune sorte d’invincibilité. Notez également qu’en détruisant vos ennemis de cette façon (c’est-à-dire avec les bombes), ces derniers laissent derrière eux des sortes de médailles qui alimentent une jauge (Dokuro Counter) composée de trois paliers. Ces trois paliers sont autant de transformations possibles en robot : le Meka Change ! Car en cas de coups durs... de vrais coups durs (vous savez, contre un boss qui met beaucoup d’énergie à s’assurer votre perte...) votre véhicule a la faculté de se transformer, pour un temps limité, en super-robot invincible et destructeur : bien entendu, il va de soit que chaque véhicule propose une forme différente ! Pour finir, les touches L1 et R1, vous permettent d’effectuer des roulades (à la KOF... raaah, faut qu’j’arrête... y’a pas que ça dans la vie !) latérales qui vous offrent la possibilité (mais surtout l’opportunité !) d’esquiver les tirs ennemis... excellente initiative de la part de BANPRESTO !
Que dire d’autre ? Que le jeu propose un mode deux joueurs plus que bienvenu ? Que le jeu fait pêter deux modes de jeu différents : le mode "Normal Game" (Doronboo No Gyaku Shyuu) qui reste à la portée de n’importe quel shooter (même du dimanche !) et le mode "Special Game" (Dokurobee No Yabou) qui place la barre nettement plus haut ? Que le jeu ne propose que cinq stages (sept pour les plus méritants ^_^ !) mais quels stages... Du désert à la forêt, en passant par le Pig Castle, par le village-dans-les-nuages (Patanok... quelqu’un ?) et même pris en pleine guérilla odatebut’esque (raah, ce boss mémorable !) avec Bokan Desuyo c’est le dépaysement garanti ! D’autant plus que les niveaux sont longs et parsemés de nombreux boss (entre deux et cinq, généralement) ! Ces boss, justement, donneront lieu à des affrontements inoubliables : encore une fois, si le "Normal Game" ne propose qu’un challenge assez modéré, tout le potentiel guerrier de ces adversaires hors du commun vous sera révélé lors du "Spéciole Gémou" et là, croyez-moi, ça va rapidement devenir la fête du slip à l’écran ! Car, et c’est assez rare pour être souligné, les boss disposent d’un arsenal sans commune mesure avec celui des Doronboo : missiles, lasers, roquettes, mitrailleuses, mines, grappins, épées et même kanjis destructeurs, tout y passe ! Une fois vaincus, vos némésis exploseront dans un déluge pyrotechnique et sous une avalanche de débris virevoltants vous laissant, et c’est tout à fait normal, le temps de savourer votre victoire ! Juste quelques mots encore pour saluer une ambiance sonore presque inégalée au rayon des shoot’em up sur PS1 ! Les bruitages sont une ode aux séries japonaises robot’isantes : les cliquetis métalliques, les missiles, les lasers, les explosions... tout rappelle ces bons vieux dessins-animés qui ont bercé notre enfance (Goldorak pour ne citer que lui... FreD ne m’aurait pas pardonné cet oubli ^_^). Les voix, ensuite, qui sans relâche mettent une ambiance de feu : des Doronboo aux Yattaman et autres Zendaman, Ippatsuman, Itadakiman, Otasukeman et j’en passe et des meilleurs... le jeu bénéficie d’un doublage très grand luxe puisque qui d’autres que les acteurs originaux (Noriko OHARA, Joji YANAMI et Kazuya TAKEKABE doublent respectivement Donronjo, Boyakki et Tonzura) pour commenter cette orgie vidéoludique à tendance projectil’ienne : et même si la langue reste un obstacle évident, le résultat est sans appel : ça claque, tout simplement !!! Enfin, la musique, tirée elle aussi des diverses séries Time Bokan et dirigée, ni plus ni moins, que par le compositeur original : Masayuki YAMAMOTO (aidé de son compère Masaru SATO). Alors, bien sûr, on aime ou on n’aime pas (moi, perso, j’en suis baba... ^_^) mais il faut reconnaître qu’il sera pour ainsi dire impossible de faire plus fidèle à l’esprit original... Sans rire, cette bande sonore s’insinue dans votre subconscient et vous vous retrouvez à siffloter ces airs bêtes comme chou mais diablement accrocheurs ! Le Sound Test est bien entendu présent dans les Options où chaque piste sera commentée (en japonais malheureusement...) et joliment illustrée par moult arts. Notez également que la bande sonore est au format CD et donc lisible dans tout lecteur digne de ce nom !
Bon... ben je crois qu’on va s’arrêter là... Avant de nous quitter, laissez-moi vous recommander plus que chaudement, l’OAV Time Bokan (sorti au Japon pour fêter les 18 ans de la série et distribué chez nous par Déclic Images...) qui propose deux épisodes absolument festifs... surtout le deuxième qui prend place à Tatsunokon : tout simplement bestial ! Enfin, pour finir et pour faire taire les nombreuses et incessantes critiques d’une PlayStation soit disant dénuée de shoot’em up intéressants, disons que la console de SONY, il faudra bien le reconnaître tôt ou tard, aura finalement abrité bon nombre de joyaux 2D dont Bokan Desuyo n’est qu’un modeste ambassadeur ! Assurément pas le meilleur shoot du monde, Bokan Desuyo est, à n’en pas douter, mon gros... très gros coup de cœur du moment !!!
P.S. : C’est à cause d’un odieux chantage et sous la pression de mes pairs (AlW et RaF pour ne citer qu’eux !) que votre serviteur vous propose désormais des screen-shots de tout premier choix, 100% inédits (^_^) ! Merci qui ?
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