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9 Si vous ne revenez pas tout juste d’un exil de dix ans sur Mars, vous n’êtes pas sans savoir que la série des Castlevania (prononcez "kasseul’vania"), créée en 1986 par KONAMI, est une des séries les plus populaires qui soient auprès des joueurs, toutes nationalités confondues ! Ainsi, quoi de plus normal, pour les débuts plus que prometteurs de la Super Famicom que de proposer un nouvel opus aux joueurs avides de chasse aux vampires ? Mais plutôt que de nous offrir un nouvel épisode, KONAMI décide de nous servir un remake du Castlevania originel sorti 5 ans plus tôt sur Famicom et MSX... Certes, nous aurions été en droit de nous attendre au pire mais le développeur nippon sait y faire avec ses joueurs et nous offre, plus qu’une vulgaire resucée, un jeu qui allait devenir un classique de la 16-bits de NINTENDO...
FMR (puisque c’est par lui que le mal est venu) décida un jour de s’offrir une cartouche japonaise avec un adaptateur AD29 flambant neuf. Son choix, plus que judicieux, se porta sur une cartouche en promo chez Espace3 : Akumajo Dracula à 290 F... Nous avions alors 15 ans et venions de découvrir un monument du jeu vidéo : la série des Castlevania ! RaF, en bon vétéran qu’il est, connaissait déjà la série depuis belle lurette et avait même failli terminer un épisode sur NES : je dis bien "failli" car, de toute évidence, le boss de fin semblait lui donner du fil à retordre... Enfin, AlW et FreD, rencontrés quelques années plus tard vouaient, eux aussi, une adoration sans bornes aux Belmont et à leurs tribulations... A vrai dire seul ce "jeune rebelle" (© Diskor 1985) de CyR détestait ce jeu... pff, mais que peut-on attendre d’un gars qui jouait à Pop Corn sur un vieil ordinateur décrépi à écran monochromatique, hein, je vous le demande ?
Bon... toujours est-il que cet épisode reste et restera à jamais gravé dans ma mémoire : son premier tableau qui se déroule dans le silence complet, son pont-levis en Mode 7 et puis le thème de Belmont qui démarre et enterre (qualitativement parlant...) toute concurrence 6 pieds sous terre ! Ensuite vous enchaînez les niveaux jusqu’au premier Game Over et découvrez avec bonheur l’existence de mots de passe... Allez plus sérieusement, Akumajo Dracula est, à mon sens, non seulement un des meilleurs épisodes de la série (dans le TOP5 en tous cas...) mais aussi un jeu majeur de la Super Famicom. Tout porte à croire que pour un de leur tout premier jeu sur ce support, KONAMI voulait frapper un grand coup... mission accomplie ! La petite cartouche de 8 MEGS est remplie à ras bord de graphismes variés et colorés, d’effets spéciaux à gogo, de créatures monstrueuses fort bien détaillées, de bosses horribles empruntés tantôt à la mythologie tantôt au folklore et surtout... surtout une bande sonore proprement ahurissante. Presque deux ans avant SQUARE, KONAMI avait déjà percé le secret du chip sonore de la belle : non seulement les thèmes sont absolument géniaux mais leur mise en musique reste, à mes yeux, une prouesse sur un support aussi récent ! Souji TARO, que l’on retrouvera l’année suivante crédité sur Axelay (encore une bande sonore absolument mortelle !) et Masanori OODACHI abattent un boulot de titan : 28 thèmes de pure folie dans une cartouche minuscule. Des remixes, bien sûr, de thèmes mythiques comme Bloody Tears (raahhh, la Clock Tower... quelle horreur !), Vampire Killer ou encore le Thème de Belmont mais d’autres (tous les autres ?), inédits, méritent tout autant notre attention : celui du corridor, de la bibliothèque, des cachots... d’ailleurs à une époque, il nous était inconcevable de commencer une partie de Castlevania sans un Sound Test en bonne et due forme !
L’autre fait marquant, à mon sens, c’est l’utilisation plus que judicieuse des effets spéciaux propres à la Super Famicom : parallaxe à n’en plus finir, rotation et distorsion (le quatrième niveau en est la plus remarquable illustration...) et transparence ! Sans jamais trop en faire, les développeurs ont su tirer partie de la puissance du support pour transcender l’ambiance du soft : jusqu’à présent nous n’avions qu’une représentation "techniquement limité" de l’univers de Castlevania (à travers les épisodes Famicom, MSX et Game Boy...), désormais, avec la Super Famicom, la série prend un nouvel élan : c’est beau à voir et à entendre ! Le gameplay, même s’il n’innove pas autant que le reste n’en demeure pas moins très plaisant : Simon peut frapper dans huit directions aussi bien au sol dans les airs et il vous est possible de faire virevolter son fouet. On regrettera juste son saut plombé mais là encore, rien de totalement ingérable ! Comme pour tout Castlevania qui se respecte, les patterns des ennemis ont été soigneusement préparés avec amour : il y a toujours une petite chauve-souris, une petite tête de Méduse ou encore un squelette bien placé pour vous projeter dans le vide ou vous faire rater un bonus : mais ça, c’est la marque de fabrique de la série, c’est presque incontournable ! Et c’est encore plus vrai lorsque vous vous attaquerez au mode Hard (après avoir fini le jeu une première fois...) : plus d’ennemis... encore plus mal placés, que du bonheur, en somme !
Au niveau des défauts... rien de très conséquent à se mettre sous la dent : quelques petits ralentissements qui ont visiblement été corrigés pour les versions américaine et européenne. Versions qui d’ailleurs souffrent d’une censure complètement abusive : les croix et les statues dévêtues supprimées passent encore, mais le sang rouge qui devient vert afin de le faire passer pour de l’acide ou du slime, ça, c’est pathétique ! Ou voulaient-ils en venir ? A "Simon Belmont au pays de Ghostbuster" ? On remarquera aussi que la couleur de la police d’écriture en dehors du Japon est d’un flashi presque ridicule... Voilà, pour toutes ces raisons, vous devez impérativement posséder la version japonaise du jeu (et d’une façon générale, toujours la version japonaise pour un Castlevania !).
Voilà, nous arrivons bientôt à la fin de ce test assez peu conventionnel je le reconnais... mais vous raconter le jeu en long, en large et en travers a déjà été fait partout... moi, j’ai préféré vous raconter "mon" Castlevania... et si vous ne le connaissez pas encore, j’espère que mes quelques screen-shots vous auront donné envie de tenter un petit voyage en Transylvanie au cœur de Castlevania afin de régler son compte au Comte Dracula. Il y’a juste une petite question qui me taraude : la malédiction des Belmont (à savoir éliminer Dracula et ses sbires de père en fils) ne serait-elle pas devenue celle des fans de cette série incroyable : à chaque nouvel opus, le joueur part "en croisade" contre le Seigneur de la Nuit et, une fois sa tâche accomplie, il angoisse dans l’attente d’un nouvel épisode (sur quel support, sera-t-il meilleur ?...) dans lequel il devra, à nouveau, mettre un terme aux agissements de Dracula et ainsi de suite et ce, depuis bientôt 20 ans !? Une chose est sûre : Akumajo Dracula est un filon inépuisable dont le nom est indissociable de celui de KONAMI et... de la 2D ! Ca a déjà été prouvé par le passé et je ne pense pas que l’épisode "Curse Of Darkness" qui arrive très prochainement me fera mentir ! Quoiqu’il en soit, cet Akumajo Dracula est, sur Super Famicom, un soft incontournable que tout fan de la série et/ou de la 16-bits de Big N se doivent de posséder... plus qu’un simple jeu, c’est une pierre angulaire de la série !
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